Écrit par Pascal   

Mario Benjamin

né en 1964 à Port-au-Prince, Haïti
vit et travaille en Haïti
Mario Benjamin est une personnalité à part dans le paysage tant de la création haïtienne que de l’art contemporain. Ses interventions cherchent à exprimer plus la poésie d'un espace qu'une revendication ou une dénonciation de notre (de sa) société. Mais sa peinture reste un des traits majeurs de son oeuvre, jamais anachronique, toujours bouleversante, alors même que ce XXIe siècle naissant laisse peu de place à cette discipline. Un retour à la permanence de la main millénaire de l’artiste.

Ce travail intime de peinture que Mario Benjamin réalise dans un face à face solitaire et tragique, plonge l'observateur dans un au-delà alimenté de croyances, de visions et d’inventions. Ses figures peintes, telles des miroirs, font resurgir en nous les cauchemars de l'enfance, les appréhensions de la vie, le trouble de la mort. C'est en cela que l'œuvre de Mario Benjamin représente la part inavouable de nous-même.

La bonne quarantaine, ayant fréquenté les plus grandes manifestations, plusieurs fois les biennales de Venise, São Paulo, La Havane, il n’est plus un artiste à découvrir mais à consacrer. Revue Noire, dans une fidélité depuis vingt ans à son talent, édite sa première monographie et présente une exposition, principalement de sa peinture, avec des séries inédites, dans sa Maison parisienne.


Mario Benjamin travaille dans une pièce ouverte sur le jardin à coté de la chambre de sa mère, dans la maison familiale de Port-au-Prince. Il est très attaché à son environnement et son île, Haïti, même s'ils sont devenus pour lui synonymes d'enfermement, d'univers limité par rapport au reste du monde. Breton et Malraux avaient déjà "catalogué l'art haïtien" en le réduisant à la peinture naïve et aux forgerons marqués par le vodou et son histoire de première République noire. Mario Benjamin ne pouvait se limiter à ces expressions si éloignées de sa réalité, même s'il accepte volontiers le rôle joué dans son subconscient par certains rituels vodous.

Il a parcouru très jeune les livres d'art de la bibliothèque familiale (son père est architecte, sa mère dans sa jeunesse actrice au théâtre puis pharmacienne) et a visité nombre de musées américains.

Il a commencé au début des années 80 par la peinture hyperréaliste, qu'il vend alors facilement, les happenings et le théâtre vivant encore très en vogue à l'époque.

Sa rencontre avec la très respectée artiste afro-américaine Lois Mailou Jones du mouvement "Harlem Renaissance" de l'entre-deux-guerres, mariée à l'artiste haïtien Louis Vergniaud Pierre-Noel, transforme cet autodidacte par ses conseils sur la chromatique et l'équilibre des compositions. Il a alors en main tous les outils pour explorer sa sensibilité de ne pas vouloir s'inscrire dans les modèles pré-établis, ceux de vivre selon la norme comme d'être artiste "haïtien".

Déjà à l'époque, Mario Benjamin cache derrière une apparence solide et sûr de lui-même une âme troublée et angoissée qui demande un traitement médical suivi. Il s'amuse de provocations en tenues extravagantes, de mises en scène d'avant-garde, de transformations d'espaces quotidiens en lieux d'expérimentation. Il réorganise l'intérieur de la maison familiale et son jardin en univers imaginaire d'objets créés et assemblés par lui venant de toute part, en temple animiste. Ses propres ténèbres apparaissent petit à petit.

En 1997, pour une exposition à Paris, «L'Art dans le Monde», il peint le premier portrait d'une longue série à coups de pinceau violents sur un fond noir profond.

Dans les nombreuses peintures de portraits qui suivront, peints à la brosse débordant la toile, visages aux yeux exorbités et marqués par l'angoisse, sur fond de couleur vive unie, il fait face aux images de ses délires, leurs donnent enfin vie. Désormais, il recherchera dans ses peintures à comprendre l'essence même de sa réalité d'homme face à ses espoirs et ses frayeurs, face à la vie et la mort. S'il se défend de nommer ses toiles des autoportraits, il y a bien en elles le reflet terrifiant  du miroir. L'univers intime de Mario Benjamin est si complexe qu’un traitement  psychiatrique est nécessaire.

Le personnage, devant nous, est à l'inverse tout de volupté et de chair aimante. Avec parfois un peu d'évanescence et de détachement lorsque vient se superposer au corps vivant l'ombre sombre mais si attirante et violente de l'autre qui l'habite. Ses moments de crise qui le mènent en incarcération à l'hôpital, pourtant douloureux et traumatisant, sont devenus pour lui un ressourcement vital nécessaire où il puise une part de sa vérité, celle mêlée d'irrationnel et de délires.

Mario Benjamin est aussi très sensible à l'essence même de la nature, sa nature tropicale carnivore qu'il a laissé envahir dans son antre, l'espace extérieur jouxtant son atelier. Il ne peux imaginer celle-ci jardinée, domestiquée, coupée de toute relation avec les esprits mythiques, ces êtres monstrueux qui hantent l'obscurité. Une nature à la Bomarzo. Il aime la force incontrôlable presque surnaturelle de cette nature sauvage qui répond à d'autres forces du monde.

Mario Benjamin est aussi attiré par les installations. Celles-ci, réalisées dans un état d’esprit plus léger, plus détaché que lorsqu’il peint, mettent en scène la poétique des matériaux (souvent des éléments se retrouvant sur les marchés de Port-au-Prince comme les toiles plastiques imprimées ou les fers découpés) dans un propos lié à son quotidien (le carnaval, la végétation ou les images furtives d’un rêve).

On peut dire que c'est à travers la peinture que Mario Benjamin s'exprime totalement. Il n'est pourtant pas facile au XXe et XXIe siècle de peindre sur châssis et toile. Cet acte de peindre qu’il décrit comme une douleur. Cette peinture qui le consume tant, qui le dévore tant. Cette peinture lui permet d'exprimer l'innommable, pour lui comme pour le témoin, laissant le commissaire ou le critique à court de mots et de commentaires. L'oeuvre est autonome et entière, seule face à l'artiste et à l'observateur (le "regardeur" de l'oeuvre).

Curieusement, il commence toujours par des photographies de portraits d'amis proches comme éléments premiers de ses peintures. Une façon d'inscrire son travail dans un combat entre le réel, sa représention photo, et lui-même, ses démons. Dans une impossible compréhension du monde où il vit. Mais dès le fond de couleur brute, fluorescente parfois, jaune, rouge, verte ou noire uniformément étalée, une forme de transe s'empare de lui le replongeant dans les crépuscules volcaniques, à la recherche de sa propre vision, de son monde. Il jette alors à grands coups de brosse les traits qui formeront le visage terrifiant qui le regarde.

C'est ce profond travail intime qu'il est possible de faire à travers la peinture, elle seule dans son face à face solitaire, plongé dans un au-delà, proche de la transe, alimenté des croyances et des délires. Son intimité est troublante, maniaco-dépressif il s’est déjà pris pour le Christ ou Baron Samedi. Les ogres démons qui apparaissent sur ses toiles ne nous sont pas inconnus. Ils font resurgir en nous les cauchemars de l'enfance, les appréhension de la vie, le trouble de la mort. Ce que nous n'acceptons que rarement de regarder. C'est en cela que l'oeuvre de Mario Benjamin est unique et importante. Elle représente la part inavouable de nous-même.
(Pascal Martin Saint Leon)



BIOGRAPHIE
Mario Benjamin
Né en 1964 à Port-au-Prince, vit et travaille en Haïti


EXHIBITIONS (selection)
2012
: exposition solo, Maison Revue Noire, Paris
: "In Extremis: Death and Life in 21st Century Haitian Art", Fowler Museum, UCLA University of California, Los Angeles
: "Caribbean Crossroads of The World" Queens Museum, New York
: "Who More Scifi Than Us ? Contemporary Art From the Caribbean", Kunsthal Kade, Amersfoort, The Netherlands
2011
: solo show, Galerie Monnin, Petion-Ville, Haïti
: Venice Biennal, Venice, Pavillon Haïtien, Italy
: "Haïti Royaume de ce Monde", galerie Agnes b, Paris
: "Mémory", installation, Digicel Headquaters, Port-au-Prince
2010
: solo show, Botanique Museum, Brussels, Belgium
: Biennale de Dakar, Sénégal
: "Rue Princesse", installation, Festival de la Danse Africaine, Bamako, Mali
: Nomad Gallery, Brussels, Belgium

Premier voyage de Mario Benjamin en Afrique de l'Ouest, à Dakar.

2009

: "Latitudes-Terre du Monde", Havana Biennal, Havana , Cuba
& Musée d’art contemporain, Panama City, Panama
& Pavillon de la Ville, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
: "Kreyol Factory", Parc de la Villette, Paris
2008
: solo show, Etra Gallery, Miami, USA
: solo show, Galerie Monnin, Pétion-Ville, Haïti

: Gwangju Biennal, South Korea
: "Latitudes-Terre du Monde", Centre culturel Tjibaou, Nouméa, Nouvelle-Calédonie
: tournage du film "Mario Benjamin", de Irène Lichtenstein, produit par Troubadour Films, Genève, Suisse
2007
: solo show, "Les Fleurs Cannibales", Galerie Monnin, Port-au-Prince
: Afronova, Johannesburg, South Africa 

: Venice Biennal, Venice, Italy
: Galerie Monnin, Casa de Campo, Santo Domingo
: "Latitudes-Terres du Monde", Hôtel de Ville de Paris
2006
: installation. Institut Français d'Haïti, Port-au-Prince

: "Carnival project", peformence, Port-au-Prince with the artists from the Grand-Rue (Andre Eugene, Celeur, and Guyodo)
2005
: Salon d'art Contemporain de Montrouge, France
: "Latitudes-Terres de l'Atlantique", Hôtel de Ville de Paris
2004
: "Latitudes-Terre de l'Atlantique", Hôtel de Ville, Paris
: "Lespri Endepandan", Frost Art Museum, Miami, USA
: Etter Colombus.com, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway

Amitié avec les artistes de la Grand-Rue (eux-mêmes influencés par Nasson, artiste de la récupération en Haïti) rencontrés au Centre AfricAmericA de Barbara Prezeau à Port-au-Prince .

2003
: installation, Museum of Contemporary Art, North Miami, USA
: Art Miami, Galerie Bourbon-Lally, Miami, USA
2002
: installation, Alliance Française, Jacmel, Haiti
: solo show, Arte Actual, Carmen Rita Pérez, Santo Domingo
: solo show, Centre Culturel AfricAmericA, Port-au-Prince
2001
: solo show, Halle Saint-Pierre, Paris

: Caribbean Biennal, Santo Domingo

: Venice Biennal, Venice, Italy

Nouveau déménagement dans une maison jumelle de celle de sa mère

2000
: solo show, Art Museum of the Americas, Washington DC
: Institut des Arts Visuels, Fort-de-France, Martinique
: "Haïti : Anges et Démons", Halle Saint-Pierre, Paris
: "Generation 2000", Galerie Bourbon-Lally, Montreal, Canada
1999
: "Mastering the Millenium", Art Museum of the Americas, Washinton D.C.

: "La route de l'art sur la route de l'esclave", L’Artchipel scène nationale, Basse-Terre, Guadeloupe
& Camp de la Transportation, Saint-Laurent du Maroni, Guyane

1998
Lauréat aux résidences de la Rijksakademie d'Amsterdam.
Pris d'angoisses, reclus dans son monde, il ne pourra s'y rendre.

: Biennal of Sao Paulo, Sao Paulo, Brazil
: solo show, Galerie Bourbon-Lally , Pétion-Ville, Haïti
: "Caribe Insular", Museo Extremeno e Iberoamericaneo de Arte Contemporaneo, Badajoz, Spain
: "La route de l'art sur la route de l'esclave", Museo de arte Moderna, Santo Domingo
& Centre culturel Fonds Saint-Jacques, Sainte-Marie, Martinique
: ARCO, Galerie Bourbon-Lally, Madrid
: «L'art dans le monde», organized by Beaux Art Magazine, Passage de Retz, Paris

Il peint pour cette exposition à Paris sa première toile d'une suite de longues séries de portraits à coups de pinceau violents débordant du support recouvert d'une peinture unie, rouge, verte ou jaune fluo. 


1997
: Havana Biennal, Havana, Cuba
: Johannesburg Biennal, Johannesburg, South Africa

: solo show, Musée d'Art Haïtien, Port-au-Prince
1996
:  solo show, Eden Roc Hôtel, Miami
: "The Other Journey", Kreims, Austria

Déménagement de la maison familiale où il est né et a grandi. Avant de quitter les lieux, il réinvente l'intérieur de la maison et son jardin en univers imaginaire d'objets créés et assemblés par lui, profanant les meubles familiaux. Il transforme l'habitation en temple animiste de ses propres dieux. Maniaco-dépressif, il est suivi à la demande de sa mère par un psychiatre.
Il emménage dans la maison de sa mère, rue Garnier à Port-au-Prince.

1995
: "Otro pais", Palau de Vereina, Barcelona, Spain

1994
1994
: "Otro pais", Centro Atlantico de Arte Moderna, Grande Canarie, Spain
1993
: solo show, Institut Français d'Amérique Latine, Mexico City
1988
: "La Lampe Savante", spectacle multimédia avec Yannick Jean.

Première dimension aboutie d’une autre composante de son travail, les performances-installations, qu’il développera tout au long de son oeuvre. Réalisées dans un état d’esprit plus léger, plus détaché que lorsqu’il peint, ses travaux mettent en scène la poésie des matériaux banals, souvent des éléments se retrouvant sur les marchés de Port-au-Prince comme les toiles plastiques imprimées ou les fers découpés, dans un propos lié au quotidien : le carnaval, la nature tropicale ou les images furtives d’un rêve.

1987
Rencontre et collaboration avec l’artiste Camille Jean dit Nasson, artiste de la récupération en Haïti
Cette relation aboutit à la réalisation de plusieurs oeuvres et mises en espace communes.
Première crise maniaco-dépressive. Mario Benjamin cache derrière une apparence solide et sûr de lui-même une âme troublée et angoissée qui demande un traitement médical suivi. Il s'amuse de provocations en tenues extravagantes, de mises en scène d'avant-garde, de transformations d'espaces quotidiens en lieux d'expérimentation.

1986
Chute du Président Duvallier suite à des manifestations populaires
Sentiment général de liberté y compris dans le milieu artistique haïtien. Mario Benjamin abandonne alors sa période hyperréaliste pourtant toujours très prisée des acheteurs haïtiens.

1984
: First solo show, galerie Festival Art de Port-au-Prince.

Il a vingt ans et vend presque tous ses tableaux.

1983
Baccalauréat après une scolarité "consciencieuse" faite dans l’école privée «Centre d’Études Secondaires» de Port-au-Prince
Il rencontre la très respectée artiste afro-américaine Lois Mailou Jones du mouvement Harlem Renaissance de l'entre-deux-guerres, mariée à l'artiste haïtien Louis Vergniaud Pierre-Noel, qui transforme cet autodidacte par ses conseils sur la chromatique et l'équilibre des compositions.
1980
Premier tableau, il a alors 15 ans.
Il qualifie ses premières oeuvres d’hyperréalistes, à l'exemple des artistes américains de l'époque dont il connaît bien le travail de part ses visites dans les musées américains et les livres d'art de la bibliothèque familiale.
Il fait aussi des happenings et du théâtre vivant, alors encore très en vogue.
1976
Divorce des parents
1964
Naissance à Port-au-Prince, Haïti, de Mario Manfred Gilbert Benjamin de sa mère Nicole Garnier (comédienne dans sa jeunesse) et son père Fritz Benjamin (architecte).



CATALOGUES (selection)
2008
: 7th Gwangju Biennial, South Korea
2007
: 52th Venice Biennial, Italia
: "Infinite Island", Brooklyn Museum, New York (Usa)
2004
: "Latitudes-Terre de l’Atlantique", éditions Océa, Paris
: "Discovering Haitian Sculpture", Frost Art Museum, Miami, (Usa)
: Ettercolumbus.com, Kunsternes Hus, Oslo (Norway)
2001
: Caribbean Biennial of Santo Domingo (Dominican Republic)
: Venice Biennial, Italia
: "Haiti, Anges et Démons", Halle Saint-Pierre, Paris
1999
: "La Route de l’Art sur la Route de l’Esclave", Océa, Paris
1998
: "Caribe Insular", MEiAC, Badajoz (Spain)
: 24th São Paulo Biennial, Brazil
: "L’Art dans le Monde", Beaux Arts magazine, Paris
1997
: 7th Havana Biennial, Cuba
: Johannesbourg Biennial, South Africa
1994
: "Otro Pais", CAAM, Las Palmas, Grande Canarie, Spain


MAGAZINES-NEWSPAPERS (selection)

The Washington Post, Life Style, January 2012
NKA No.25, Winter 2009
Wynwood, vol 2 No.3, February 2009
Small Axe, No.18
Art Nexus, No.55 vol 3, 2005
Art in America, November 2005
The Wall Street Journal, October 2003
The Miami Herald, September 2003
New Times , September 2003
Aftenposten, March 2003
Art Nexus, No.44, vol 2, 2002
Lapiz, No.133
Libération, April 2000
Art in America, March 1998
Artforum, December 1997
New Times, July 1995
L’Express, No.104
Revue Noire, No15, December 1994
Revue Noire, No.9, June 1993

BOOKS
: "La Chambre de Mario Benjamin", by Jean Loup Pivin, Pascal Martin Saint Leon,
Simon Njami, Revue Noire éditions, Paris, 2012
: "Angaza Africa, African Art Now", by Christopher Spring, Laurence King publishing, 2008
: "Peintres Haïtiens", by Gérald Alexis, Cercle d’Art éditions, 2007
: "Intérieurs d’Haïti", photographies by Roberto Stephenson, MWEM éditions, 2004
: "Caribbean Art", by Veerle Poupeye, Thames & Hudson publishing, 1998

SITE INTERNET
www.mariobenjamin.net
Mario Benjamin

Mario Benjamin, triptyque, Toussaint-Dessalines-Christophe, 3x(136x93cm), 2012 (photo RN)

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Mario Benjamin, sans titre, 2005 (photo Marc Steed)

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Mario Benjamin, sans titre, 122x76cm, 2011 (photo Marc Steed)

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Mario Benjamin, sans titre, 122x76cm, 2008 (photo Marc Steed)

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Mario Benjamin, sans titre, installation, Santo Dominguo 2002 & Etter Columbus, Kunsternes Hus, Oslo 2004 (photo Roberto Stephenson)

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Mario Benjamin, sans titre, 122x76cm, 2011 (photo Marc Steed)

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Mario Benjamin, installation Santo Dominguo 2001 & Halle Saint-Pierre, Paris 2001 (photo Miguel Gomez)

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Mario Benjamin, installation, Botanique Museum, Bruxelles, 2011

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Mario Benjamin, installation, IFHaïti Jacmel 2002 & MOCA, Miami, Usa, 2003 (photo Roberto Stephenson)

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Portrait de Mario Benjamin (photo Daniel Kedar)

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