{"id":21253,"date":"2019-01-19T16:10:46","date_gmt":"2019-01-19T15:10:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revuenoire.com\/?p=21253"},"modified":"2019-10-11T15:54:14","modified_gmt":"2019-10-11T14:54:14","slug":"suites-africaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/suites-africaines\/","title":{"rendered":"Suites Africaines"},"content":{"rendered":"<div id=\"pl-21253\"  class=\"panel-layout\" ><div id=\"pg-21253-0\"  class=\"panel-grid panel-has-style\" ><div class=\"panel-row-style panel-row-style-for-21253-0\" ><div id=\"pgc-21253-0-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-21253-0-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"0\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<h2>An exhibition by Revue Noire<\/h2>\n<h2>at the 'Couvent des Cordeliers'<\/h2>\n<h3>[Paris march-april 1997]<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>with<\/h3>\n<h2>Moustapha Dim\u00e9<\/h2>\n<h2>Mohammed Kacimi<\/h2>\n<h2>Abdoulaye Konat\u00e9<\/h2>\n<h2>Pascale Marthine Tayou<\/h2>\n<h2>Pume Bylex<\/h2>\n<h2>Ennri Kums<\/h2>\n<h2>\u00c9lodie Barth\u00e9lemy<\/h2>\n<h2>Micka\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9<\/h2>\n<h2>et le designer Balthazar Faye<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>The 'Couvent des Cordeliers' (former refectory of Franciscan monks in the 14th century), located in the 'Quartier Latin' near Place Danton in Paris 6th, is a Mecca of the French Revolution where the radical 'Club of the Cordeliers' of the revolutionaries Danton, Marat, Desmoulins, met together... In 1997, it hosts an innovative exhibition 'Suites Africaines' on contemporary creation in Africa gathering multiple expressions (visual art, photography, cinema, literature, music, dance, design) accompanied by meetings and debates.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><div id=\"pgc-21253-0-1\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-21253-0-1-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"1\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<figure id=\"attachment_20620\" aria-describedby=\"caption-attachment-20620\" style=\"width: 795px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-20620\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - &quot;La Grande danse&quot; de Mustapha Dim\u00e9 (S\u00e9n\u00e9gal)\" width=\"795\" height=\"991\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2.jpg 795w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2-241x300.jpg 241w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2-768x957.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime2-480x598.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 795px) 100vw, 795px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20620\" class=\"wp-caption-text\">L'espace du Couvent des Cordelier \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, Paris 6e<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div id=\"pg-21253-1\"  class=\"panel-grid panel-has-style\" ><div class=\"siteorigin-panels-stretch panel-row-style panel-row-style-for-21253-1\" data-stretch-type=\"full\" ><div id=\"pgc-21253-1-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-21253-1-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"2\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<h1><\/h1>\n<h1>\u00c0 propos de Suites Africaines<\/h1>\n<p>par Jean Loup Pivin, 1997<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>De l\u2019exposition<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Depuis maintenant plus de deux si\u00e8cles, l'exposition s'est confondue avec le mus\u00e9e et la mus\u00e9ographie, avec ses rites de l'accrochage et du d\u00e9crochage. La pr\u00e9sentation est devenue avec le temps de plus en plus neutre pour s'effacer devant l'oeuvre montr\u00e9e. Les exercices architecturaux de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies sont bien l\u00e0 pour l'affirmer - avec le Centre Pompidou ou le Mus\u00e9e d\u2019Art Moderne de Washington - : murs blancs , lumi\u00e8re z\u00e9nithale , espaces nus. Une sorte d'hygi\u00e8ne conceptuelle de l'espace et de la cr\u00e9ation puisant un ordre et une raison d'\u00eatre dans les grands courants utopistes de la pens\u00e9e mat\u00e9rialiste. Plus on se rapproche d'une abstraction spatiale immacul\u00e9e , plus la peinture ou la sculpture a pour devoir de se substituer \u00e0 la perte d'\u00e9lan, d'amour, de spiritualit\u00e9 d'une soci\u00e9t\u00e9 rationnelle. Essouffl\u00e9e de tant de sacralisation profane et de d\u00e9sincarnation d'espace charnel, l\u2019oeuvre ne peut exister que dans son reniement. Au d\u00e9but, les artistes ont r\u00e9pondu \u00e0 cette mise en bo\u00eete car ils y ont cru, tandis qu'aujourd'hui ils n'ont plus le choix car le march\u00e9 et la survie passent par l\u00e0. Certains ont voulu nier ces espaces command\u00e9s et immacul\u00e9s par des \u2019installations\u2019 profanatrices , pour finalement s'y laisser pi\u00e9ger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les visiteurs entrent dans le mus\u00e9e ou la salle d'exposition comme on entre dans le sacr\u00e9 de la raison ou l'interdit des sens : il lui faut \u00eatre initi\u00e9 par le \u2019Grand Livre\u2019 qui serait l\u2019Histoire de l'Art et ne regarder que ce qu'il en dit. Ces derni\u00e8res d\u00e9cennies en France, c'est l\u2019Histoire de l'Art qui construit les mus\u00e9es : le XXe si\u00e8cle au Centre Pompidou, le XIXe si\u00e8cle \u00e0 Orsay, et ant\u00e9rieurement au Louvre. On est devenu inculte de vouloir comprendre une oeuvre en dehors de son contexte et de son histoire. Et lorsqu'il n'y a pas de connaissance d\u00e9velopp\u00e9e sur une histoire et un contexte (ici, pour l'art africain contemporain, un territoire et sa sociologie), il n'y a plus d'art. Pour l'art africain rituel, l'ethnologie a fait croire qu'il pouvait \u00eatre compris par sa science imp\u00e9riale : donc il y a exposition. Pour l'art africain contemporain, pas de science ni de connaissance alors pas d'exposition. Cela viendrait-il \u00e0 dire qu'il n'existe pas ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Revue Noire a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour sortir de cette main-mise et se situer non pas \u2019contre\u2019 mais \u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9\u2019, comme est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 la cr\u00e9ation contemporaine africaine. Pour affirmer le primat artistique, d\u00e9laisser le commentaire sinon comme m\u00e9taphore litt\u00e9raire, et refuser que l'art n'appartienne qu'aux professionnels de son histoire. Aussi, en r\u00e9action aux notices et aux catalogues prolif\u00e9rants, de plus en plus \u00e9pais, qui ne sont plus la trace affective du moment pass\u00e9, du chemin de la cr\u00e9ation et de la pens\u00e9e, mais la d\u00e9monstration du bien-fond\u00e9 de l'exposition : outil de recherche et d'analyse dont les images parfois deviennent secondaires au propos des commissaires qui apportent ainsi leur pierre au grand \u00e9difice de l\u2019Histoire de l'Art.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que peut-on dire de l\u2019intemporalit\u00e9 des fresques de la grotte de Chauvet, de Lascaux ou de Niaux en France ou du Brandberg en Namibie, \u00e2g\u00e9es de dizaines de milliers d'ann\u00e9es ? Et du rapport du visiteur \u00e0 cet art dont on ne sait rien ou presque, mais qui est toujours per\u00e7u par le n\u00e9ophyte ou le professionnel de fa\u00e7on sensible et \u00e9mue ? Les absences d'interrogation de l'histoire de l'art sur les diff\u00e9rentes formes mal connues tel l'art de la pr\u00e9histoire (un terrain d\u2019arch\u00e9ologues et non d'historiens de l'art) et des diff\u00e9rentes formes d'expressions de diff\u00e9rentes autres civilisations comme les civilisations africaines, montrent \u00e0 quel point l'histoire de l'art actuel est celle, limit\u00e9e dans le temps et dans l'espace, d'un Occident, sinon d'une Europe r\u00e9cente. Ce manque de connaissance ou de curiosit\u00e9, n'est-il pas plut\u00f4t li\u00e9 aux propres limites de l'outil historique pour approcher ou saisir le monde des formes ? Ces outils pseudo-scientifiques avec les sciences humaines dont l'histoire de l'art est tr\u00e8s proche, se perdent \u00e0 vouloir par les mots et la logique se substituer \u00e0 l'\u00e9vidence des formes, par essence autonomes du langage \u00e9crit ou parl\u00e9. Ne s'agit-il pas alors d'une remise en question de cet outil qui aujourd'hui par sa pr\u00e9valence augmente l'ignorance sur la raison d'\u00eatre de l'art et de l'art lui-m\u00eame, en oubliant qu'avant d'\u00eatre un objet, il est \u00e9lan immat\u00e9riel ? Et si l'art africain contemporain pouvait \u00e9chapper \u00e0 cette probl\u00e9matique et permettre ce nouveau regard ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est probablement la nature m\u00eame des sens, dont les formes sont issues, qui met en question l'histoire de l'art se transformant avec le temps en scolastique tenue par des \u00e2nes \u2019chiantifiques\u2019 (comme aurait dit notre vieil ami disparu Pierre Verger) visant \u00e0 transformer les admirateurs et visiteurs en brouteurs d'images.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comprendre la r\u00e9alit\u00e9, n'est pas lui donner une signification rationnelle ou religieuse coh\u00e9rente, mais bien s'approcher de son exp\u00e9rience par tous ses propres sens inn\u00e9s ou acquis. Les formes existent pour cela et sont fabriqu\u00e9es pour cela : une trace, un chant qui peuvent devenir le media de son \u00eatre dans le cosmos, dans la vie, dans la mort. Comme l'acte d'amour et le sentiment amoureux que chacun peut \u00e9prouver, irr\u00e9pressibles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, n'est-il pas n\u00e9cessaire de renouer avec la nature m\u00eame de l'art et la n\u00e9cessit\u00e9 de son expression qu'elle soit hors ou dans le temps historique, hors et dans la sp\u00e9cificit\u00e9 sociologique et g\u00e9ographique ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019espace de l\u2019exposition n'est pas destin\u00e9 \u00e0 un oeil que l'histoire de l'art rend intelligent, mais bien \u00e0 celui d'un corps en mouvement qui vient \u00e9prouver par ses sens la r\u00e9alit\u00e9, une r\u00e9alit\u00e9 peut-\u00eatre moins sociale, peut-\u00eatre plus intime, peut-\u00eatre plus politique et plus spirituelle. L'espace de l'exposition peut devenir le \u2019th\u00e9\u00e2tre de soi dans le monde\u2019, si le fluide des formes circule dans les art\u00e8res, les oreilles, les yeux, les pieds de chacun, si de la sensualit\u00e9 \u00e0 la sexualit\u00e9 une forme de pl\u00e9nitude s'installe, si les paroles non totalitaires permettent le chant des mots, si les musiques l'envahissent. Car il n'est \u00e0 point douter qu'\u00e0 l'heure de l'image rendue par l'\u00e9cran plat, l'exposition doit faire se promener le public avec ses pieds et sa t\u00eate dans ses sens. L'espace de l'exposition est un morceau de ville aux sons et aux images extr\u00eames d'une r\u00e9alit\u00e9 de soi, \u00e0 vivre, comme un moment banal ou exceptionnel. Les images, qu'elles soient virtuelles comme celles de la photographie et du cin\u00e9ma, ou mat\u00e9rielles, mais abstraites, comme les sculptures et les peintures, les sons de la musique dans un lieu, de la parole du d\u00e9bat et de la lecture de litt\u00e9rature sont l\u00e0 pour \u00e9tourdir les certitudes et poser les questions du doute de la raison.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas de nier l\u2019Histoire de l\u2019Art mais de contester sa supr\u00e9matie sur l'exposition des formes et leur perception qui, \u00e0 force de se vouloir cultiv\u00e9e et intelligente, fait oublier que la forme, quelle qu'elle soit - peinture , cin\u00e9ma, photographie, architecture - est autonome et ne d\u00e9pend pas du commentaire, oral ou \u00e9crit, pour \u00eatre per\u00e7ue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette ambition de propos que se situe modestement une des premi\u00e8res expositions de Revue Noire, qu\u2019est \u2019Suites Africaines\u2019, essayant de montrer diff\u00e9rents travaux d'artistes eux-m\u00eames tr\u00e8s diff\u00e9rents par del\u00e0 leurs origines et leurs territoires, au milieu de paroles et de musiques.\u00a0 ans autre d\u00e9sir que le d\u00e9sir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un lit d\u00e9fait, une pi\u00e8ce vide, des parfums de corps et de bois de santal, une fen\u00eatre ouverte, des rideaux qui volent au vent\u2026<\/p>\n<h1><\/h1>\n<h1><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 class=\"p1\">L\u2019Afrique et apr\u00e8s ?<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">par Emmanuel Dayd\u00e9, 1997<\/p>\n<p class=\"p1\">[Directeur-adjoint des affaires culturelles de la Ville de Paris]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">En art comme dans la vie, il est toujours difficile d'\u00eatre le fils de quelqu'un. Quand on parle d'art grec ou d'art \u00e9gyptien, imagine-t-on un seul instant qu'il puisse s'agir d'art contemporain ? Non. Et ce ne sont pas quelques rares noms \u00e9mergents comme ceux de Takis ou de Kounellis, voire de Tsarouchis ou d'AI-Gazzar qui peuvent y changer grand chose. Comment pourrait-on succ\u00e9der \u00e0 des arts antiques aussi parfaits, des mod\u00e8les esth\u00e9tiques aussi aboutis, et qui n'ont cess\u00e9 d'influencer la cr\u00e9ation jusqu'\u00e0 nos jours ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">C\u2019est tr\u00e8s exactement ce qui se passe avec les arts africains anciens. Qualifi\u00e9s \u2019d\u2019idoles sauvages\u2019 et de \u2019magots n\u00e8gres\u2019 pendant des si\u00e8cles, jet\u00e9s au feu en pagaille par des missionnaires aussi d\u00e9go\u00fbt\u00e9s que bien intentionn\u00e9s, ils n'ont fait leur apparition dans le panth\u00e9on esth\u00e9tique occidental qu'au d\u00e9but du si\u00e8cle (dernier). Avec la vigueur et l'\u00e9clat d'un tr\u00e9sor cach\u00e9. Venus \u00e0 la rescousse d'une Europe exsangue apr\u00e8s les d\u00e9liquescences impressionnistes, les mod\u00e8les africains ont jou\u00e9 le r\u00f4le d'une nouvelle Gr\u00e8ce artistique tant pour les cubistes, que pour les fauves ou les expressionnistes. Sous l'impulsion de Picasso, Matisse, Kirchner et quelques autres, nombre d'intellectuels, de critiques et de marchands all\u00e9ch\u00e9s ont suivi. Avec le succ\u00e8s que l'on sait, \u00e0 l'heure o\u00f9 les arts dits \u2019premiers\u2019 entrent au Louvre et se voient consacr\u00e9s un grand et beau mus\u00e9e (le Mus\u00e9e du Quai Branly Jacques Chirac).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Curieusement, cette reconnaissance arrive \u00e0 l'heure d'une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence presque totale. Les arts cultuels africains, on le sait, ont disparu dans les ann\u00e9es 1930-1940, d'un contact trop rapproch\u00e9 avec l\u2019Occident colonisateur. Ce sont aujourd'hui des morts que l'on veut faire entrer au mus\u00e9e. D'o\u00f9, malgr\u00e9 les disputes et les joutes priv\u00e9es, un consensus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour s'attaquer \u00e0 la d\u00e9pouille.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Qu\u2019en est-il des arts vivants, de ceux qui refusent d'\u00eatre des \u2019arts d'a\u00e9roport\u2019 ? Eh bien, on les dit morts justement, inf\u00e9od\u00e9s \u00e0 l'Europe et aux canons esth\u00e9tiques occidentaux. La reconnaissance d'une histoire africaine ne s'accompagne nullement d'une remise en cause d'un sous-d\u00e9veloppement culturel, tenu encore pour v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re. Et les quelques artistes que, par int\u00e9r\u00eat ou par passion, certains ont essay\u00e9 de faire sortir de ce n\u00e9ant officiel, sont imm\u00e9diatement rabaiss\u00e9s \u00e0 leur inamovible condition d'esclave : Ousmane Sow ne serait qu'un Rodin noir, Ouattara, une version locale de Basquiat, Tayou, un Schwitters en boubou, Rotimi Fani Kayod\u00e9, un Mapplethorpe de couleur, etc. Notre incapacit\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer un art en dehors de nos r\u00e9f\u00e9rences, de plus en plus lourdes, de plus en plus asphyxiantes, ne marque cependant que notre propre \u00e9puisement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Car la capacit\u00e9 cr\u00e9ative de l\u2019Afrique, son incroyable invention de formes ne se sont nullement taries apr\u00e8s 1945, dans une plus ou moins difficile d\u00e9colonisation. Elles se sont m\u00e9tamorphos\u00e9es, en prenant en compte un terrain et une histoire qui ne sont pas les n\u00f4tres. Passant de sacr\u00e9 au profane, quoique dans un rapport intime avec des traditions religieuses, magiques et rituelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">C\u2019est ce formidable bouillonnement, n\u00e9 sur les cendres m\u00eames des arts culturels, que souhaiteraient r\u00e9v\u00e9ler ces \u2019Suites africaines\u2019, tant dans le domaine des arts plastiques que dans ceux de la photographie, du cin\u00e9ma, du design, de la po\u00e9sie, ou encore de la chanson, domaine il est vrai largement plus reconnu, mais indissociable d'un m\u00eame terreau cr\u00e9atif. R\u00e9v\u00e9ler, et non pas parcourir. Ces \u2019Suites\u2019 en appellent bien \u00e9videmment d'autres. L'Afrique est un continent, qui ne se limite pas \u00e0 l'Afrique noire, mais qui englobe le Maghreb et qui se poursuit aussi bien \u00e0 Ha\u00efti qu'\u00e0 l'\u00eele Maurice. La bataille pour la reconnaissance des \u2019arts premiers\u2019 est gagn\u00e9e. Le temps des \u2019arts seconds\u2019 est venu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour ceux, curieux comme nous, qui veulent \u00eatre s\u00fbrs qu'ils ne savent rien et qui continuent \u00e0 chercher pourquoi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20606\" aria-describedby=\"caption-attachment-20606\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-20606\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006-1024x723.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - Plan et croquis\" width=\"960\" height=\"678\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006-768x542.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006-480x339.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaine-Paris-RevueNoire-PH006.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20606\" class=\"wp-caption-text\">Plan et croquis de Suites Africaines au Couvent des Cordeliers, Paris 1997<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 24px;text-transform: uppercase\">Tout au long de Suites Africaines<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chaque jour des rencontres-d\u00e9bats puis des concerts, chor\u00e9graphies, d\u00e9fil\u00e9s de mode animent l'espace rencontre-caf\u00e9 litt\u00e9raire de l'exposition.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20612\" aria-describedby=\"caption-attachment-20612\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20612 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052-1024x667.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - l'espace rencontre caf\u00e9-restauration\" width=\"960\" height=\"625\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052-1024x667.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052-300x195.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052-768x500.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052-480x313.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-BetheSelassie-RevueNoire-PH052.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20612\" class=\"wp-caption-text\">L'espace rencontres-d\u00e9bats des Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3 class=\"p1\">Du d\u00e9bat social<\/h3>\n<p class=\"p1\">L'objet de ces d\u00e9bats qui se d\u00e9rouleront sous la forme de conversations et d'\u00e9changes d'id\u00e9es dans le caf\u00e9 litt\u00e9raire et musical int\u00e9gr\u00e9 dans l'espace de l'exposition, est d'\u00e9laborer les pr\u00e9misses d'une pens\u00e9e nouvelle sur les terrains que nous aborderons. Le d\u00e9bat se tiendra entre les artistes, les sp\u00e9cialistes et les politiques ou acteurs \u00e9conomiques qui ont\u00a0peu l'occasion de s'int\u00e9grer au d\u00e9bat intellectuel pour dire comment la d\u00e9cision et l'action peuvent transformer comportements et soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">Du nomadisme<\/h3>\n<p class=\"p1\">Le territoire est une notion en mouvement du nomade. La nation est une aberration pour quiconque vit dans le monde et croit que seul le monde est son territoire. D\u00e8s lors, l'exil, souvent v\u00e9cu comme une fatalit\u00e9 mauvaise, devient le lieu de son bonheur. Un passage sensible et sensuel qui nous fait vivre o\u00f9 nous sommes et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>envisager le monde avec les yeux de celui qui est de passage. Mais est-cela qui est v\u00e9cu \u00e0 travers les nationalismes archa\u00efques qui secouent le monde ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la ville<\/h3>\n<p class=\"p1\">La ville africaine aujourd'hui, est pareille \u00e0 toute autre ville du monde. Mais rien n'a \u00e9t\u00e9 dit lorsque ceci est \u00e9nonc\u00e9. La ville nous pose aujourd'hui des questions qui nous contraignent \u00e0 repenser nos fa\u00e7ons de penser, nos rapports sociaux, nos vieilles morales b\u00e2ties sur des temps et des \u00e9poques r\u00e9volues. Il est inutile, d\u00e9sormais, de r\u00eaver d'un retour en arri\u00e8re, de nourrir une nostalgie inutile d'un hypoth\u00e9tique retour \u00e0 une civilisation rurale. La ville est la cit\u00e9 o\u00f9 l'ensemble des valeurs d'une civilisation se transforme en pierres, en rues avec des citoyens qui vivent entre les pierres et ceux qui vivent dans les rues. La ville \u00e9l\u00e9ment vivant, contradictoire et multiforme est une question permanente et existentielle \u00e0 ceux qui la pensent et ceux qui la font et d\u00e9font tous les jours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">Du Sida<\/h3>\n<p class=\"p1\">Ou du reste ? Que dit le Sida en Afrique et en Europe ? C'est que la maladie n'appartient pas \u00e0 la m\u00e9decine mais \u00e0 celui qui la porte. Qu'est-ce qui diff\u00e9rencie cette pand\u00e9mie d'une autre ? C'est qu'elle d\u00e9pend de chacun. Elle d\u00e9pend de la libert\u00e9 de chacun de disposer de son corps, de ses valeurs, de ses croyances ; bref de sa culture. Presque deux ans apr\u00e8s le premier \u00e9v\u00e9nement \u2019les artistes africains et le Sida\u2019 (\u00e0 Cotonou et \u00e0 Dakar), o\u00f9 en\u00a0sommes nous ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la Francophonie<\/h3>\n<p class=\"p1\">[dans le cadre des Journ\u00e9es de la Francophonie par la Ville de Paris]<\/p>\n<p class=\"p1\">La Francophonie pour quoi faire ? Pour servir qui ? Quelle Francophonie ? Qu'est la Francophonie ? Chamoiseau , Depestre , Monenembo ou Modiano , le Canadien ou le Belge parlent-ils la m\u00eame langue ? Qu'est une langue qui n'est pas une m\u00e8re, qui peut l'\u00eatre, mais est avant tout une \u00e9pouse ou une ma\u00eetresse ? Pour f\u00e9conder ou pour aimer simplement ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">Des nouvelles technologies<\/h3>\n<p class=\"p1\">Gadget pour riches, ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 la mode port\u00e9 par une industrie en manque de d\u00e9bouch\u00e9s ou v\u00e9ritable r\u00e9volution de l'information et nouveau support de cr\u00e9ation ? CD, r\u00e9seaux, Internet : l'Afrique, qui a rat\u00e9 le XXe si\u00e8cle, n'a-t-elle pas une nouvelle chance avec ces nouveaux supports ? Et pour qui ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la t\u00e9l\u00e9vision<\/h3>\n<p class=\"p1\">S'il est un enjeu d'une actualit\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9rante, c'est bien la production t\u00e9l\u00e9visuelle africaine mang\u00e9e par le fatalisme, d\u00e9vor\u00e9e par les programmes gratuits francophones, am\u00e9ricains et arabes et rendue indigeste \u00e0 ses propres spectateurs. Comment croire encore \u00e0 des t\u00e9l\u00e9visions africaines ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De l\u2019\u00e9conomie de la cr\u00e9ation<\/h3>\n<p class=\"p1\">La production litt\u00e9raire passe par l'\u00e9dition et les libraires, la production cin\u00e9matographique passe par les producteurs, les circuits de salles de cin\u00e9ma et les t\u00e9l\u00e9visions, la production d'arts plastiques passe par les\u00a0m\u00e9c\u00e8nes, les galeries et les mus\u00e9es, la production musicale passe par les producteurs et les tourn\u00e9es : les libraires sont rares, les salles de cin\u00e9ma quasi inexistantes, les \u00e9diteurs et producteurs viennent des pays riches avec de l'argent de l'aide internationale, les m\u00e9c\u00e8nes africain sont rares et les autres indiff\u00e9rents... Ne devient-il pas urgent, non pas de croire pouvoir recopier un mod\u00e8le \u00e9puis\u00e9 voire st\u00e9rile, mais d'inventer des syst\u00e8mes ou des bricolages permettant \u00e0 chacun de produire chez lui pour les siens et pour le monde, comme ses confr\u00e8res du Nord ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De l\u2019art<\/h3>\n<p class=\"p1\">Les rapports qu'entretient l'art contemporain africain avec les reste du monde, en France comme ailleurs, sont souvent ambigus. Parfois teint\u00e9s de paternalisme, parfois d'exotisme, d'ethnologisme, d'anthopologisme, parfois de m\u00e9pris, bref, presque toujours r\u00e9gis par la\u00a0m\u00e9connaissance, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 faire de l'Afrique un continent \u00e0 part. Et les artistes africains sont les autres, auxquels, comme du temps de Hegel, il est ni\u00e9 un apport plein et\u00a0entier \u00e0 la civilisation de l'universel ch\u00e8re \u00e0 L\u00e9opold Sedar Senghor. Qu'en sera-t-il demain ?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Pour rompre avec la main-mise du sp\u00e9cialiste sur l'acteur, des artistes auxquels bien souvent il n'est pas donn\u00e9 l'occasion de s'exprimer \u00e9changeront leurs sentiments entre eux et avec les institutions qui font et d\u00e9font des modes dont nous ne devrions plus rien avoir \u00e0 faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">Du dialogue avec les artistes<\/h3>\n<p class=\"p1\">L'entretien est le dialogue intime entre deux \u00eatres qui partagent un moment de vie. Une personnalit\u00e9 le plus souvent artistique s'entretiendra de sujets dans lesquels elle est le plus investie, mais \u00e9galement du temps, du vent, et de ces milliers de choses, sensations, sentiments, regards, qui nous font \u00eatre ce que nous sommes et agir dans le sens o\u00f9 nous agissons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20630\" aria-describedby=\"caption-attachment-20630\" style=\"width: 674px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20630 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041-674x1024.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition de Revue Noire, Paris 1997, l'espace Lecture avec \u00e9coute de texte par un acteur dans sa loge\" width=\"674\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041-674x1024.jpg 674w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041-198x300.jpg 198w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041-768x1166.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041-480x729.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Litt-RevueNoire-PH041.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20630\" class=\"wp-caption-text\">Espace lecture et \u00e9coute dans Suites africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la litt\u00e9rature<\/h3>\n<p class=\"p1\">[lecture en continu par un com\u00e9dien et \u00e9coute consultation de textes litt\u00e9raires publi\u00e9s dans le magazine Revue Noire]<\/p>\n<p class=\"p1\">Pour qui \u00e9crit-on ? Pour soi, sans doute, d'abord, lorsque l'\u00e9criture est vraie, lorsque la litt\u00e9rature nous tient \u00e0 l'estomac, comme disait Julien Gracq. On n'\u00e9crit pas pour raconter une histoire. Ou peut-\u00eatre n'\u00e9crit-on que pour cela. D\u00e8s lors, un \u00e9crivain, un auteur, est un \u00e9crivain, un auteur. Et sa langue est multiple, son exp\u00e9rience accessible \u00e0 tous, pour peu que nous acceptions la probabilit\u00e9 d'\u00eatre \u00e0 la fois nous-m\u00eame et l'Autre. C'est dans la mati\u00e8re d'o\u00f9 est issue l'oeuvre que se marque la personnalit\u00e9, ce que d'aucuns appellent le style. C'est autour de la litt\u00e9rature que nous nous interrogerons ici. Rien d'autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la photographie<\/h3>\n<p class=\"p1\">[projection en continue de photographes africains]<\/p>\n<p class=\"p1\">Croire \u00e0 la photographie africaine, c'\u00e9tait au d\u00e9but pour nous, affirmer que l'Afrique n'\u00e9tait au ban d'aucune technique et que la modernit\u00e9 se vivait l\u00e0 comme ailleurs. Cette photographie est une aventure dont nous ignorons tous la v\u00e9ritable histoire et les v\u00e9ritables p\u00e8res. Tous ceux qui pr\u00e9tendraient d\u00e9tenir en ce domaine une quelconque v\u00e9rit\u00e9 seraient in\u00e9vitablement dans l'erreur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">Du cin\u00e9ma<\/h3>\n<p class=\"p1\">[projection en continue dans la salle de cin\u00e9ma int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 l\u2019exposition]<\/p>\n<p class=\"p1\">Il est sans doute paradoxal, certainement inconfortable, alors que notre seul but est de sortir la cr\u00e9ation africaine de l'orni\u00e8re, que nous ne puissions pas, encore, nous d\u00e9barrasser des qualificatifs et des \u00e9tiquettes. Le cin\u00e9ma africain, inexistant sur les \u00e9crans du monde comme sur ceux d'Afrique, traverse une crise profonde que l'on souhaiterait n'\u00eatre qu'une crise de croissance passag\u00e8re. Les syst\u00e8mes de financement, le processus de cr\u00e9ation et la distribution, la notion m\u00eame d'\u00e9criture cin\u00e9matographique sont autant de questions pour lesquelles il faudra sans doute plus qu'une rencontre. Avec les cin\u00e9astes, bien s\u00fbr, mais \u00e9galement avec tous ceux qui participent d'une mani\u00e8re ou d'une autre \u00e0 cette activit\u00e9 qui conna\u00eet le paradoxe d'\u00eatre \u00e0 la fois un art et une industrie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la mode<\/h3>\n<p class=\"p1\">La mode africaine, anoblie par le Malien Chris Seydou au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 alors qu'il vivait \u00e0 Paris, n'a pas connu le bonheur que l'on \u00e9tait en droit d'esp\u00e9rer. Chris est mort.<\/p>\n<p class=\"p1\">La mode, c'est certes la magie des tissus nobles, des drap\u00e9s qui font r\u00eaver mais c'est \u00e9galement une industrie aux r\u00e8gles strictes. L'industrie textile repr\u00e9sente un enjeu majeur pour l'\u00e9conomie africaine et on ne saurait \u00e9tablir une Haute Couture durable en Afrique sans faire exister, en parall\u00e8le, une production qui int\u00e8gre pleinement un pr\u00eat-\u00e0-porter et une\u00a0confection de qualit\u00e9. En mettant en place une fili\u00e8re textile qui satisferait aux exigences de la cha\u00eene de production, en cr\u00e9ant des labels africains, peut \u00eatre parviendrait-on \u00e0 hisser la\u00a0Haute Couture africaine \u00e0 la place qu'elle n'a pas encore su occuper ? La F\u00e9d\u00e9ration Africaine des Cr\u00e9ateurs de Mode y r\u00e9fl\u00e9chit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la danse<\/h3>\n<p class=\"p1\">Danse et tam-tam. Les Africains ont le rythme dans la peau. Bref aujourd'hui (1997), \u00e0 part la vari\u00e9t\u00e9 et le n\u00e9o-traditionnel, il n'y a pas de danse africaine dans la programmation des festivals et grandes salles sinon comme \u00e0 la belle \u00e9poque de Jos\u00e9phine Baker. Quelques rares jeunes ballets modernes existent , \u00e0 quand leur reconnaissance ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"p1\">De la musique<\/h3>\n<p class=\"p1\">[Tous les soirs, concerts, performances, danses ou d\u00e9fil\u00e9s au caf\u00e9 litt\u00e9raire]<\/p>\n<p class=\"p1\">Cit\u00e9e souvent comme exemple de la r\u00e9ussite de l'exportation africaine, la musique africaine int\u00e9gr\u00e9e dans un concept totalement imaginaire de World Music n'est-elle devenue qu'un produit pr\u00e9fabriqu\u00e9 souvent insipide ou \u00e0 l'inverse n'a-t-on pas exag\u00e9r\u00e9 ce succ\u00e8s de fa\u00e7on d\u00e9magogique ? Les centaines de talents sont pourtant l\u00e0 : \u00e0 quand une production sans filtre ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20634\" aria-describedby=\"caption-attachment-20634\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20634 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044-1024x679.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - Les fr\u00e8res Guiss\u00e9 (S\u00e9n\u00e9gal) \u00e0 leur concert au milieu des sculptures de Mickael Bethe-S\u00e9lassi\u00e9 (\u00c9thiopie)\" width=\"960\" height=\"637\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044-768x509.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044-480x318.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Music-FreresGuisse-RevueNoire-PH044.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20634\" class=\"wp-caption-text\">Les Fr\u00e8res Guiss\u00e9 en concert \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><\/h1>\n<h1><\/h1>\n<h1><\/h1>\n<h1 class=\"p1\">Les artistes qui exposent \u00e0 Suites Africaines<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20616\" aria-describedby=\"caption-attachment-20616\" style=\"width: 768px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20616 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037-768x1024.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - les sculptures de Mustapha Dim\u00e9 (S\u00e9n\u00e9gal)\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037-480x640.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Dime-RevueNoire-PH037.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20616\" class=\"wp-caption-text\">Les sculptures 'Grande Danse' (1996) et 'Bois Flott\u00e9s' (1997) de Mustapha Dim\u00e9 \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Moustapha Dim\u00e9<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1952-1998 S\u00e9n\u00e9gal]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Moustapha Dime nous propose une \u2019Grande Danse\u2019 et une 'Petite Danse' faites de fils de fer d\u00e9licatement raccord\u00e9s et des 'Bois flott\u00e9s' de Gor\u00e9e. Il convoque peu \u00e0 peu ces objets morts \u00e0 une myst\u00e9rieuse \u00e9vocation du vivant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Moustapha Dim\u00e9 est sculpteur. Il vit et travaille sur l'\u00eele de Gor\u00e9e, dans la baie de Dakar, o\u00f9 son atelier est install\u00e9 dans d'anciennes canonni\u00e8res, avan\u00e7ant sur l'oc\u00e9an \u00e0 la pointe la plus aride et la plus haute de l'\u00eele, favorisant le go\u00fbt de l'artiste pour une vie solitaire et retranch\u00e9e. L\u00e0, Moustapha Dim\u00e9 sculpte, assemble, transforme des objets oubli\u00e9s, repris \u00e0 l'humain par la nature, d\u00e9form\u00e9s par elle , annul\u00e9s en tant qu'objets et rendus sans motif \u00e0 l' artiste par les eaux et le temps. Par la sobri\u00e9t\u00e9 de l'assemblage et de l'imbrication, cherchant un \u00e9quilibre entre le travail d'abord fait par la nature et celui de son propre geste qu'il ajoute, comme un r\u00e9v\u00e9lateur, Moustapha Dim\u00e9 convoque peu \u00e0 peu ces objets morts \u00e0 une myst\u00e9rieuse \u00e9vocation du vivant.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dim\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Louga en 1952 et rejoint Dakar d\u00e8s l'\u00e2ge de 14 ans, pour y apprendre la sculpture appliqu\u00e9e. Mais, tr\u00e8s vite, le travail du bois le passionne tant que le seul exercice de l'artisanat ne peut suffire \u00e0 le satisfaire, et, \u00e0 21 ans, Dim\u00e9 part pour un voyage de trois ann\u00e9es au Burkina Faso, en C\u00f4te d' Ivoire, au Ghana, au Togo et en Gambie, \u00e0 la rencontre\u00a0de nombreuses formes de sculptures et d'art traditionnel. Il est saisi par la dimension mystique et spirituelle des oeuvres qu'il d\u00e9couvre. Il rentre \u00e0 Dakar pour \u00e9tudier \u00e0 l'\u00e9cole des Beaux-Arts. Apr\u00e8s une premi\u00e8re exposition au Centre Culturel Fran\u00e7ais de Dakar en 1979, il voyage \u00e0 nouveau, s\u00e9journe un an au Mali et \u00e9tudie l'art Dogon, dont les formes aust\u00e8res et d\u00e9pouill\u00e9es influencent durablement son propre imaginaire .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Apr\u00e8s plusieurs expositions au S\u00e9n\u00e9gal, il expose en 1989 au Maroc et les ann\u00e9es suivantes en Europe. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 prim\u00e9 \u00e0 la Biennale des Arts de Dakar en 1992, son exposition personnelle en 1996 remporte un tr\u00e8s grand succ\u00e8s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Mais il ne semble pas pour autant disposer \u00e0 abandonner la vie calme et retranch\u00e9e qu'il<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>s\u2019est choisie, empreinte d'une forte spiritualit\u00e9. Il poursuit imperturbable cette lente transfiguration des objets charg\u00e9s de m\u00e9moire que l'oc\u00e9an d\u00e9pose r\u00e9guli\u00e8rement au pied de son atelier, comme s'il les lui confiait afin que l'artiste les r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la magie de leurs formes secr\u00e8tes et les offre aux langages de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20622\" aria-describedby=\"caption-attachment-20622\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20622 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046-1024x674.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - Peintures et installation de Mohammed Kacimi (Maroc)\" width=\"960\" height=\"632\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046-768x505.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046-480x316.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kacimi-RevueNoire-PH046.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20622\" class=\"wp-caption-text\">Peintures et installation de Mohammed Kacimi \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Mohammed Kacimi<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1942-2003 Maroc]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Mohammed Kacimi nous propose une s\u00e9rie de toiles et de dessins entourant une installations spatiales de masques d\u2019argile.\u00a0Surimpression de souvenirs, de traces, d'empreintes, chacune des oeuvres de Kacimi est le fragment d'une vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Une solitude confront\u00e9e aux couIeurs de la diff\u00e9rence et dans le m\u00eame temps \u00e0 la similitude de l'\u00e2me humaine, Kacimi la peint, la construit comme une image, comme un po\u00e8me sans autre message qu'une repr\u00e9sentation de soi au monde, au travers de la fragilit\u00e9 d'un corps engag\u00e9 \u00e0 \u00eatre lui-m\u00eame une parcelle du monde.\u00a0Aujourd'hui Kacimi est un des artistes les plus connus du monde arabe. Par son ent\u00eatement de libert\u00e9 et son refus du mercantilisme mondain, il reste un artiste \u00e0 part dans le monde du march\u00e9 et de l\u2019institution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">N\u00e9 en d\u00e9cembre 1942 \u00e0 Mekn\u00e8s d'une famille modeste, Kacimi d\u00e9couvre la peinture, comme une passion, tr\u00e8s jeune d\u00e8s l'\u00e2ge de 15 ans dans les associations de jeunesse. Puis re\u00e7oit une premi\u00e8re formation dans les stages d'initiation aux arts plastiques du Minist\u00e8re de la Jeunesse. Ses \u00e9tudes d'arabe litt\u00e9raire lui donnent le go\u00fbt de l'\u00e9criture qu'il n'abandonnera jamais. Kacimi \u00e9crit des po\u00e8mes qui sont publi\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement.\u00a0Le peintre marocain Gharbaoui exerce sur lui l\u2019unique influence qu'il reconna\u00eet aujourd'hui encore. Apr\u00e8s s'\u00eatre impliqu\u00e9 dans la cr\u00e9ation de nombreux mouvements revendicatifs et apr\u00e8s avoir fait de multiples voyages en Europe, Kacimi trouve tr\u00e8s t\u00f4t une voie personnelle m\u00ealant les grandes exp\u00e9riences abstraites et la gestuelle du signe. Une de ses pr\u00e9occupations majeures est de cr\u00e9er de grandes installations pour les populations des villes (murs peints d'Asilah, \u00e9tendards d'Harhoura, ha\u00efks de Marrakech\u2026). Mais Kacimi reste avant tout un peintre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Expositions \u00e0 travers les pays du monde arabe et en Afrique, dans les pays de l'Est et plusieurs fois \u00e0 Paris, Grenoble, Bourges, Amiens, Madrid. Un livre, Kacimi, peintures, pastels, dessins et \u00e9crits, \u00e9dit\u00e9 par Revue Noire en 1996 retrace l'\u00e9tendue de son oeuvre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20636\" aria-describedby=\"caption-attachment-20636\" style=\"width: 673px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20636 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028-673x1024.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - Pascale Marthine Tayou dans son &quot;Labyrinthe&quot;\" width=\"673\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028-673x1024.jpg 673w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028-197x300.jpg 197w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028-768x1169.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028-480x731.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou-RevueNoire-PH028.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 673px) 100vw, 673px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20636\" class=\"wp-caption-text\">Pascale Marthine Tayou dans son \"Labyrinthe\" (1997) \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Pascale Marthine Tayou<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1966\u2013 Cameroun]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">(<\/span><span class=\"s2\">Pascale Marthine Tayou dans son labyrinthe)<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Pascale Marthine Tayou nous propose un 'Labyrinthe' de portes et couloirs o\u00f9 les murs griffonn\u00e9s et dessin\u00e9s restent libres \u00e0 chacun. Labyrinthe qu\u2019il voue \u00e0 la destruction \u00e0 la tron\u00e7onneuse en fin d\u2019exposition.\u00a0La p\u00eache des gros poissons prend la figure d\u2019un g\u00e2teau de chaussettes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Pascale Marthine Tayou est n\u00e9 en 1967 au Cameroun. Il vit et travaille \u00e0 Yaound\u00e9, et Douala lors de projets avec l'association Doual'Art (Tayou vit actuellement \u00e0 Gand, Belgique). Plasticien autodidacte, Pascale Marthine Tayou est \u00e9galement homme de th\u00e9\u00e2tre, \u00e9crivain, metteur en sc\u00e8ne et acteur.\u00a0Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 pour la Biennale de Kwangu 1994 en Cor\u00e9e et par le Setegaya Art Museum (en 1994-1995) au Japon, il participe \u00e0 plusieurs expositions en Allemagne : \u00e0 la Haus der Kulturen der Welt en 1995 et au Goethe Institut de Berlin en1995 ; au\u00a0Museum van Hedendaagse Kunst, dirig\u00e9 par Jan Hoet (1996) de Gand ; \u00e0 la Galleria Civica d' Arte Maderna e Contemporanea de Turin (1996) ; au Bonnefanten Museum de Maastricht (1997). Il est pr\u00e9sent \u00e0 la Biennale des Arts de Dakar en 1996 \u00e0 travers une exposition personnelle et montre ses dessins \u00e0 la Galerie Agn\u00e8s B. de Paris en 1996.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Installationiste qui \u2019ne [fait] pas de l'art mais fabrique des trucs\u2019, Pascale Marthine Tayou circule \u2019depuis trois mille ans\u2019, avec d\u00e9lice, dans les \u00e9gouts des villes, guid\u00e9 amoureusement par les odeurs et les mati\u00e8res en d\u00e9composition - comme il aime \u00e0 le dire -. Il utilise les poubelles de la soci\u00e9t\u00e9 comme les poubelles de la pens\u00e9e, \u00e0 l'image de son oeuvre intitul\u00e9e \u2019La P\u00eache des gros poissons\u2019 qui prend la figure d'un g\u00e2teau de chaussettes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u2019Je ne suis pas un artiste\u2019 d\u00e9clare Pascale Marthine Tayou et il serait une erreur que de l'entendre comme une simple et facile provocation. Disant cela, il ne s'agit pas pour lui d'\u00e9chapper au jugement de valeur que l'on pourra porter sur son travail, ni d'exprimer un quelconque m\u00e9pris pour l'art, mais d'affirmer simplement que l'art, comme la pens\u00e9e ou le politique, est une chose trop importante pour qu'on la confie \u00e0 des personnes. Laissant loin derri\u00e8re lui les revendications de quelques autres qui refusent - non sans l\u00e9gitimit\u00e9 - qu'on les nomme \u2019artistes africains\u2019, Tayou nie radicalement pour lui-m\u00eame toute identit\u00e9 d'artiste, quelle qu'elle soit. Et parce qu'il rejette ainsi loin de lui les effets de la personnalisation extr\u00eame de la question artistique que notre \u00e9poque op\u00e8re, Pascale Marthine Tayou se tient libre comme rarement d'autres le furent ou le sont, face aux questions v\u00e9ritables qu'\u00e9ternellement l'art pose aux sens de tous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20624\" aria-describedby=\"caption-attachment-20624\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20624 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040-1024x672.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - la grande tapisserie &quot;Les grands lacs&quot; d'Aboudoulaye Konat\u00e9 (Mali)\" width=\"960\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040-1024x672.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040-768x504.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040-480x315.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Konate-RevueNoire-PH040.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20624\" class=\"wp-caption-text\">La grande tapisserie \"La R\u00e9gions des Grands Lacs\" (1997) d'Abdoulaye Konat\u00e9 \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2 class=\"p1\">Abdoulaye Konat\u00e9<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1953\u2013 Mali]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Abdoulaye Konat\u00e9 nous propose une immense tapisserie de 16 m\u00e8tres de long 'La R\u00e9gion des Grands Lacs' parsem\u00e9e de douilles de fusil et de vieux tissus. Avec l'intuition d'une v\u00e9rit\u00e9 de plus en plus absolue. D'un temps \u00e0 soi. Hors du temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Abdoulaye Konat\u00e9 na\u00eet en 1953 \u00e0 Dir\u00e9 au Mali. Il suit une formation \u00e0 l\u2019Insitut National des Arts de Bamako jusqu\u2019en 1976, puis de 1978 \u00e0 1985 \u00e0 l'Institut sup\u00e9rieur des Arts de la Havane \u00e0 Cuba. \u00c0 son retour au Mali, il devient graphiste puis responsable des expositions au Mus\u00e9e National de Bamako. Pendant son temps libre, il travaille sur tous les supports et principalement la peinture.\u00a0lI r\u00e9alise, en 1992, une exposition engag\u00e9e au Mus\u00e9e national du Mali, pendant les sanglantes manifestations pour la d\u00e9mocratisation du pays, premi\u00e8res installations comme mode d\u2019engagement politique. Cette exposition sera reprise au Mus\u00e9e de l\u2019IFAN \u00e0 Dakar.\u00a0Depuis1984, Abdoulaye Konat\u00e9 a particip\u00e9 \u00e0 de multiples expositions : \u00e0 Bamako, aux Biennales de Dakar dont il sera le laur\u00e9at en 1996, aux Rencontres Africaines de l\u2019Institut du Monde Arabe \u00e0 Paris en 1994 (exposition itin\u00e9rante en Afrique du Sud et au Portugal), \u00e0 Otro Pais au Centro Atlantico de Arte Moderne de Las Palmas la m\u00eame ann\u00e9e. Il participe \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement du m\u00e9tro de Lisbonne et est invit\u00e9 en 1997 \u00e0 la Biennale de Venise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Abdoulaye Konat\u00e9 m\u00eale les signes de la vie moderne \u00e0 ceux de la tradition, sculpte ou compose des objets avec lesquels il fait tant\u00f4t cohabiter, tant\u00f4t s'imbriquer la peinture, dans des installations qui lui ressemblent? Comme lui, elles sont tout autant faites de retenue que de force, elles ont cette mani\u00e8re calme d'\u00eatre une pr\u00e9sence \u00e0 la fois g\u00e9n\u00e9reuse et distante, chaude et lointaine. Abdoulaye Konat\u00e9 travaille avec l\u2019intuition d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 de plus en plus absolue, d'un temps \u00e0 soi. Hors du temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_9130\" aria-describedby=\"caption-attachment-9130\" style=\"width: 768px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/13-RevueNoire-Pume-Bylex.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-9130 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/13-RevueNoire-Pume-Bylex-768x1024.jpg\" alt=\"Pume Bylex, 'La Maternit\u00e9', sculpture mix media, 1992\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/13-RevueNoire-Pume-Bylex-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/13-RevueNoire-Pume-Bylex-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/13-RevueNoire-Pume-Bylex.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9130\" class=\"wp-caption-text\">Pume Bylex, la 'Maternit\u00e9' (1988-1994) \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Pume Bylex<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1968\u2013 Kinshasa R.D.Congo]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Pure Bylex nous propose un ensemble de sculptures maquettes sous vitrine entourant sa premi\u00e8re sculpture \u2019La Maternit\u00e9<span class=\"s2\">, la statue Byl' \u00e0 l'origine de tout son travail.\u00a0<\/span>\u2019Avant, j'\u00e9tais comme un rien. Aujourd'hui je, suis une personne parlante.\u2019<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c2g\u00e9 de trente ans, Pume vit et travaille \u00e0 Kinshasa. Il suit une formation de p\u00e9dagogue. Autodidacte en arts plastiques, c\u2019est la fascination ressentie dans son enfance pour les appareils de projection cin\u00e9matographique, pour la m\u00e9canique pr\u00e9cise et simple de ces machines \u00e0 vous projeter dans des mondes diff\u00e9rents, qui le d\u00e9cide pour la cr\u00e9ation artistique. Depuis cinq ann\u00e9e, il se consacre enti\u00e8rement \u00e0 son oeuvre, dont les divers \u00e9l\u00e9ments forment un ensemble et prolongent toujours un m\u00eame concept artistique et philosophique que son inventeur nomm\u00e9 \u2019BYLex\u2019. Selon Pume, la \u2019science-BYLex\u2019, caract\u00e9ris\u00e9e par la pr\u00e9sence des carreaux, symbole de l\u2019\u00e9quilibre est un art qui exclut la laideur et se prolonge dans la \u2019divergence\u2019.\u00a0Pume est l\u2019un de ces artistes inclassables qui, comme Kinguelez, d\u00e9veloppent en maquette un univers po\u00e9tique qu\u2019ils aimeraient un jour voir comme un monde possible. Un univers que Pume peut volontiers avouer utopique, invent\u00e9 dans le contexte za\u00efrois si oppressant et au devenir si incertain. Sa pens\u00e9e sur l\u2019art multipli\u00e9, le BYLex, s\u2019inscrit dans cette po\u00e9sie, \u00e0 mi-chemin entre le design et la sculpture. Il nous propose un art appliqu\u00e9 qui s\u2019applique \u00e0 n\u2019\u00eatre applicable \u00e0 aucune r\u00e9alit\u00e9. Un art qui interroge notre perception du r\u00e9el en lui proposant des objets fonctionnels qui ne peuvent fonctionner dans ce qu\u2019elle est, telle qu\u2019elle est.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Pume nous dit ainsi la limite de la cr\u00e9ation artistique et cr\u00e9e une forme en soi de la pens\u00e9e sur la ville et la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0Les Suites Africaines au Couvent des Cordeliers sont l\u2019occasion de sa premi\u00e8re exposition, avant de participer \u00e0 une manifestions \u00e0 Lisbonne cet \u00e9t\u00e9. La premi\u00e8re publication de ses oeuvres eut lieu dans le magazine Revue Noire RN 21 Kinshasa.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20626\" aria-describedby=\"caption-attachment-20626\" style=\"width: 645px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20626 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047-645x1024.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - les peintures-sculptures suspendues au plafond de Ennri Kums (Mauritius)\" width=\"645\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047-645x1024.jpg 645w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047-189x300.jpg 189w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047-768x1220.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047-480x762.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Kums-RevueNoire-PH047.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 645px) 100vw, 645px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20626\" class=\"wp-caption-text\">Les nuages \u00e9rotiques suspendues au plafond de Ennri Kums \u00e0 Suites Africaines (1996)<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2 class=\"p1\">Ennri Kums (Henry Koomes)<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1948\u2013 Mauritius]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Ennui Kums nous propose un ensemble de nuages peints suspendus au plafond du ciuvent, faits de corps aimants nus et entrem\u00eal\u00e9s. Des corps qui s'offrent \u00e0 la volupt\u00e9 comme l'on peut se soumettre extatique \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Ennri Kums est n\u00e9 en 1948 sur l\u2019\u00eele Maurice. Peintre autodidacte, il expose pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la galerie Max Boull\u00e9 \u00e0 Rose-Hill en 1970. Il r\u00e9side ensuite en Afrique du Sud pendant plusieurs ann\u00e9es o\u00f9 il expose \u00e0 Durban, Johannesburg et Cape Town. Parall\u00e8lement, il ouvre le premier lieu multi-sexuel et multi-racial de l'Afrique du Sud, qui, pendant de nombreuses ann\u00e9es, est un coin de libert\u00e9 enfonc\u00e9 en plein coeur de l\u2019Apartheid. En 1983, tout autant \u00e9puis\u00e9 par un quotidien fait de combats politiques et de r\u00e9sistances aux pressions polici\u00e8res que lass\u00e9 des conventions du milieu artistique, il rentre \u00e0 Maurice, o\u00f9 il peint longtemps sans plus vouloir ni vendre, ni exposer.\u00a0En 1990, il ouvre sa propre galerie \u00e0 Grand Baie o\u00f9 il expose des artistes mauriciens contemporains. Il est invit\u00e9 \u00e0 Tokyo \u00e0 la galerie Esta Novo , puis \u00e0 La Fabriks de Marseille en 1995 pour une r\u00e9sidence de six mois durant laquelle il r\u00e9alise ses premi\u00e8res oeuvres en trois dimensions et \u00e0 la galerie Contempo de Rotterdam pour trois mois en 1996, o\u00f9 il travaille la s\u00e9rigraphie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Kums voue une grande admiration \u00e0 l\u2019\u00e9crivain et peintre mauricien Malcolm de Chazal. Comme lui, tout \u00e0 la fois humaniste et asocial, Blanc d\u00e9fenseur de la cr\u00e9olit\u00e9 et de la communaut\u00e9 noire cr\u00e9ole, artiste \u00e9clectique, peintre coloriste, Ennri Kums fait \u00e0 Maurice figure l\u00e9gitime d'h\u00e9ritier du grand po\u00e8te surr\u00e9aliste, auquel il rend d'ailleurs hommage en 1994, \u00e0 travers une com\u00e9die musicale \u2019Mokko\u2019, mise en sc\u00e8ne par Jean-Michel Bruy\u00e8re, o\u00f9 il incarne lui-m\u00eame de Chazal, entour\u00e9 de jeunes chanteurs, musiciens et danseurs des quartiers cr\u00e9oles de Rose-Hill et Port-Louis.\u00a0Peintre, Ennri Kums use de l'acrylique comme du pastel pour mettre en sc\u00e8ne un monde multicolore dont la terre est bascul\u00e9e vers un ciel s'\u00e9chappant de tous les corps m\u00eal\u00e9s ou solitaires, nus ou v\u00eatus, mais toujours suspendus \u00e0 l'incertitude de leurs formes. Des corps qui s'offrent \u00e0 la volupt\u00e9 comme l'on peut se soumettre extatique \u00e0 l a r\u00e9v\u00e9lation. Des corps qui roulent o\u00f9 flottent, sans poids, ni haut ni loin, juste ce qu'il faut d'\u00e9cart pour qu'aucun tabou ni aucune foi ne puissent s'approprier la trag\u00e9die aimable et indispensable d'une perte de soi dans la caresse de l'autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Ennri Kums, tout en restant le noctambule amoureux de la vie d\u00e9sormais incapable de se composer un personnage social, ne cherche pas \u00e0 choquer \u2019le bourgeois\u2019. Ce sont son oeuvre gracieuse et son propos serein qui choquent doucement, s\u00fbrement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20610\" aria-describedby=\"caption-attachment-20610\" style=\"width: 688px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20610 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033-688x1024.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - &quot;L'Autel&quot; d'\u00c9lodie Barth\u00e9l\u00e9my (Ha\u00efti)\" width=\"688\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033-688x1024.jpg 688w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033-202x300.jpg 202w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033-768x1143.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033-480x714.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Barthelemy-RevueNoire-PH033.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 688px) 100vw, 688px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20610\" class=\"wp-caption-text\">'L'Autel des Anc\u00eatres' (1997) d'\u00c9lodie Barth\u00e9l\u00e9my , \u00e0 Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2 class=\"p1\">\u00c9lodie Barth\u00e9lemy<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1965\u2013 Ha\u00efti]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c9lodie Barth\u00e9lemy nous propose en ext\u00e9rieur un 'Autel des Anc\u00eatres'. Ses installations pourraient repr\u00e9senter autant d'autels d\u00e9di\u00e9s \u00e0 des \u00eatres sans nom.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c9lodie Barth\u00e9lemy est n\u00e9e en 1965 \u00e0 Bogota, de parents fran\u00e7ais et ha\u00eftiens. Son enfance est plac\u00e9e sous le signe du voyage. De Colombie, elle suit ses parents au Sri Lanka et au Maroc avant d'arriver \u00e0 Paris o\u00f9, apr\u00e8s ses \u00e9tudes secondaires, elle s'inscrit aux Beaux-Arts. Mais elle d\u00e9couvre rapidement que la peinture n'est pas le support id\u00e9al \u00e0 son expression et commence \u00e0 incorporer des tissus \u00e0 son travail.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Au d\u00e9part, c'est une qu\u00eate essentiellement exp\u00e9rimentale dont elle ignore jusqu\u2019o\u00f9 elle la conduira. Progressivement, le tissu r\u00e9pond \u00e0 la peinture. \u00c9lodie en utilise les couleurs et les textures comme une palette dont elle d\u00e9couvre la souplesse et la multiplicit\u00e9 de possibles. Apr\u00e8s les assemblages d\u00e9coup\u00e9s, elle passe aux v\u00eatements qu'elle accumule, comme un \u00e9cho \u00e0 sa propre histoire. C'est ainsi qu'elle r\u00e9alise des d\u00e9cors pour la pi\u00e8ce \u2019La Derni\u00e8re Lettre de l\u2019Amiral\u2019 en 1992 et \u2019Tendez, Chantez l'amour\u2019, en 1996, avec sa m\u00e8re Mimi Barth\u00e9lemy, conteuse et chanteuse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c9lodie Barth\u00e9lemy a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 des installations sur le th\u00e8me des anc\u00eatres et la m\u00e9moire des corps. Son enfance, en des lieux diff\u00e9rents, aux histoires \u00e9loign\u00e9es, l'a conduite \u00e0 explorer sa propre m\u00e9moire, sa propre histoire. C'est ainsi que souvent reviennent dans ses oeuvres des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la sacralit\u00e9, \u00e0 la mort, sans doute, avec ses installations qui pourraient repr\u00e9senter autant d'autels d\u00e9di\u00e9s \u00e0 des \u00eatres sans nom. Une inspiration dans laquelle le pa\u00efen, h\u00e9rit\u00e9 de son ascendance ha\u00eftienne, le dispute au religieux, en clins d'oeil sobres, avec une douceur, une sensibilit\u00e9 que l'on retrouve dans l'artiste elle-m\u00eame. Le Fond National d 'Art Contemporain a acquis une de ses toiles en novembre 1996.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20614\" aria-describedby=\"caption-attachment-20614\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20614 size-large\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-1024x717.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - l'espace rencontre caf\u00e9-restauration avec les sculptures de Mickael Bethe-S\u00e9lassi\u00e9\" width=\"960\" height=\"672\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-1024x717.jpg 1024w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-300x210.jpg 300w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-768x538.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe-480x336.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Cafe.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20614\" class=\"wp-caption-text\">Les sculptures de Mickael Bethe-S\u00e9lassi\u00e9, dans l'espace rencontres de Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Micha\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1951\u2013\u00c9thiopie]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\">Micka\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9, sculptures de papier mach\u00e9 dans le caf\u00e9 litt\u00e9raire.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Micka\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9 nous propose dans l\u2019espace du caf\u00e9 litt\u00e9raire son bestiaire de papier m\u00e2ch\u00e9 color\u00e9.\u00a0 Des sculptures que l'artiste nomade \u00e9thiopien propose orphelines, comme un apport au questionnement du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Micka\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9 est n\u00e9 en 1951 \u00e0 Dire Dawa en \u00c9thiopie. Il \u00e9tudie au lyc\u00e9e franco-\u00e9thiopien d'Addis Ababa, puis en France, de 1971 \u00e0 1974, o\u00f9 il se sp\u00e9cialise en physique et chimie. Ce sont trois ann\u00e9es durant lesquelles la situation politique et sociale bascule en \u00c9thiopie. Bethe S\u00e9lassi\u00e9 d\u00e9cide alors de rester en France. Il voyage, exerce toutes sortes de petits m\u00e9tiers et se passionne pour l'histoire et l'anthropologie.\u00a0Vers la fin des ann\u00e9es 1970, sa qu\u00eate spirituelle le conduit \u00e0 la cr\u00e9ation plastique et \u00e0 la pratique du yoga et du zen. Ce n'est toutefois qu'\u00e0 30 ans qu'il se confronte lui-m\u00eame \u00e0 la peinture, puis \u00e0 la sculpture, domaine o\u00f9 il choisit d'embl\u00e9e le papier m\u00e2ch\u00e9 comme mat\u00e9riau principal. Le papier, docile au modeleur, fid\u00e8le au coloriste, lien fragile mais durable entre les deux passions essentielles de l'artiste.\u00a0En 1985, il expose \u00e0 la Galerie de la Licorne \u00e0 Paris, puis au Br\u00e9sil, et de 1988 \u00e0 1992 \u00e0 la Galerie de l\u2019Horloge, en Afrique du Sud, en Namibie et en Allemagne. De 1993 \u00e0 1995, ses oeuvres voyagent en \u00c9thiopie, \u00e0 Paris, Berlin...<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Micka\u00ebl est le cr\u00e9ateur de sculptures \u00e0 la po\u00e9tique color\u00e9e qui nous lancent les regards et les cris d'une \u00e9nigme insondable. Des regards droits, francs, perdus dans une tristesse incertaine ou immense ; des cris qui r\u00e9sonnent longtemps, comme l'appel d'un pr\u00e9sent \u00e9gar\u00e9 et m\u00e9lancolique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"p1\">Baltazar Faye<\/h2>\n<p class=\"p1\">[1965\u2013 S\u00e9n\u00e9gal]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Balthazar Faye, designer, install\u00e9 en France, a sign\u00e9 le mobilier du caf\u00e9 litt\u00e9raire r\u00e9alis\u00e9 sp\u00e9cialement pour \u2019Suites Africaines\u2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_20638\" aria-describedby=\"caption-attachment-20638\" style=\"width: 1500px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-20638 size-full\" src=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2.jpg\" alt=\"&quot;Suites Africaines&quot; exposition Revue Noire, Paris 1997 - Le &quot;Labyrinthe&quot; de Pascale Marthine Tayou d\u00e9moli \u00e0 la tron\u00e7onneuse par l'artiste le dernier jour\" width=\"1500\" height=\"1521\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2.jpg 1500w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2-296x300.jpg 296w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2-768x779.jpg 768w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2-1010x1024.jpg 1010w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2-480x487.jpg 480w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SuitesAfricaines-Tayou2-100x100.jpg 100w\" sizes=\"(max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-20638\" class=\"wp-caption-text\">Pascale Marthine Tayou d\u00e9molit \u00e0 la tron\u00e7onneuse son \"Labyrinthe\", \u00e0 la fin de Suites Africaines<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>An exhibition by Revue Noire at the &#8216;Couvent des Cordeliers&#8217; [Paris march-april 1997] &nbsp; with Moustapha Dim\u00e9 Mohammed Kacimi Abdoulaye Konat\u00e9 Pascale Marthine Tayou Pume Bylex Ennri Kums \u00c9lodie Barth\u00e9lemy Micka\u00ebl Bethe S\u00e9lassi\u00e9 et le designer Balthazar Faye &nbsp; &nbsp; The &#8216;Couvent des Cordeliers&#8217; (former refectory of Franciscan monks in the 14th century), located in ... <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20605,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[66],"tags":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21253"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21253"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21253\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20605"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21253"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21253"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}