{"id":10539,"date":"2016-03-17T17:58:19","date_gmt":"2016-03-17T16:58:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revuenoire.com\/en\/?p=10539"},"modified":"2016-05-31T12:25:10","modified_gmt":"2016-05-31T11:25:10","slug":"musee-du-quai-branly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/musee-du-quai-branly\/","title":{"rendered":"Mus\u00e9e du Quai Branly"},"content":{"rendered":"<div id=\"pl-10539\"  class=\"panel-layout\" ><div id=\"pg-10539-0\"  class=\"panel-grid panel-has-style\" ><div class=\"panel-row-style panel-row-style-for-10539-0\" ><div id=\"pgc-10539-0-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-10539-0-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"0\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<h2>Genesis of the quai Branly Museum<\/h2>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>by\u00a0Jean Loup Pivin<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>In late 1998, St\u00e9phane Martin, president, and Germain Viatte, chief curator and designer of the permanent and temporary exhibitions program of the future museum called the \"Mus\u00e9e du quai Branly\", not called primitive or native arts museum as would Jacques Kerchache, integrate me as Revue Noire founder inside the Africa team for developing the future museum.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>With joy I immersed myself in February 1999 in a full and sharp vision of standpoints which are for me the outlines of a museum of this kind, with all his ambiguous.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>I approach the end of the universal museum, the role of humanities disciplines, I \"invente\" a policy of acquiring with morality\", I enjoy the non-historical role of museums in the knowledge of the Other and I favor the presence of contemporary expressions rather than contemporary art, ...<\/p>\n<p>Whatever it was retained, all listed items still seems as fresh. And not a comma is removed, the text is over.<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><div id=\"pgc-10539-0-1\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-10539-0-1-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"1\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<figure id=\"attachment_10534\" aria-describedby=\"caption-attachment-10534\" style=\"width: 1500px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Esprit-MuseeQuaiBranly-Pivin-RevueNoire.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10534\" src=\"http:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Esprit-MuseeQuaiBranly-Pivin-RevueNoire.jpg\" alt=\"African Maternity Sculpture \u00a9 photo\u00a0DR\" width=\"1500\" height=\"2000\" srcset=\"https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Esprit-MuseeQuaiBranly-Pivin-RevueNoire.jpg 1500w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Esprit-MuseeQuaiBranly-Pivin-RevueNoire-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.revuenoire.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Esprit-MuseeQuaiBranly-Pivin-RevueNoire-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-10534\" class=\"wp-caption-text\">African Maternity Sculpture \u00a9 photo\u00a0DR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div id=\"pg-10539-1\"  class=\"panel-grid panel-has-style\" ><div class=\"siteorigin-panels-stretch panel-row-style panel-row-style-for-10539-1\" data-stretch-type=\"full\" ><div id=\"pgc-10539-1-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-10539-1-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"2\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Note on the Mus\u00e9e du Quai Branly,\u00a0by Jean Loup Pivin,\u00a0February 1999<\/p>\n<p>(original text in French, not translated)<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h2>Petits raccourcis de pens\u00e9e<\/h2>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>La fin de la pens\u00e9e unique<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, un mus\u00e9e des arts et des civilisations du monde ne peut s\u2019envisager \u00e0 la fa\u00e7on du XVIII ou XIX si\u00e8cle, comme un inventaire ou un Congr\u00e8s du Monde (pour reprendre le titre d\u2019une nouvelle de Borges qui en d\u00e9crit l\u2018absurde), mais bien dans les probl\u00e9matiques actuelles de la pens\u00e9e, moins guid\u00e9es par les certitudes que par les doutes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Il semble acquis que nous ne sommes plus \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la pens\u00e9e unique, du regard unique, de l\u2019analyse unique pour qualifier, regarder\u00a0 l\u201dautre\u201d ou tout simplement la r\u00e9alit\u00e9. En ce sens, il ne peut y avoir de science dite humaine qui ne puisse \u00eatre le regard\u00a0monovalent sur une soci\u00e9t\u00e9, voire une civilisation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Si l\u2019\u00e9criture, le dessin (la sculpture), le signe, pour ce qui est de la culture mat\u00e9rielle ou le chant et la danse pour ce qui est de la culture immat\u00e9rielle ont cohabit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nos jours pour \u201crepr\u00e9senter\u201d, comprendre le r\u00e9el, voire l\u2019analyser, il semble important de repositionner ces diff\u00e9rentes formes en tant que formes dans le discours, dans la m\u00e9thode et dans la restitution . Il s\u2019agit moins de contextualiser un objet par le chant et les diff\u00e9rentes expressions qui l\u2019accompagnent, que de l\u2019entourer, de l\u2019accompagner de ces formes signifiantes dans une autonomie de repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Et l\u00e0 n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9e pour le moment, la contextualisation dite scientifique de l\u2019arch\u00e9ologie, l\u2019ethnologie, l\u2019histoire de l\u2019art....<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Le mouvement des formes<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Parler de civilisation aujourd\u2019hui, c\u2019est \u00e9videment ne pas la fermer \u00e0 un moment T mais bien la mettre dans son mouvement \u00e0 la fois historique et g\u00e9ographique (dans le temps et dans l\u2019espace). Pour que chaque visiteur sache bien qu\u2019il n\u2019y a pas de soci\u00e9t\u00e9 et de civilisation ferm\u00e9es et de temps suspendu. M\u00eame si de loin, on a longtemps voulu que les soci\u00e9t\u00e9s africaines que l\u2019on baptisait ethnies, aient arr\u00eat\u00e9 le temps et se soient repli\u00e9es sur elles m\u00eames avec des valeurs et des comportements fig\u00e9s. Ce qui existe certes, mais de fa\u00e7on tellement marginale, que la vision g\u00e9n\u00e9rale ne peut \u00eatre ainsi r\u00e9duite.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les peuples africains circulent, \u00e9changent, et ne sont pas indiff\u00e9rents \u00e0 l\u2019apport de l\u2019autre que cet autre soit son voisin ou l\u2019\u00e9tranger d\u2019une autre couleur. Les peuples et les civilisations africaines sont \u00e0 l\u2019instar des autres peuples et civilisations, avec une personnalit\u00e9 \u201cirr\u00e9ductible\u201d \u00e0 celle de l\u2019autre - et cela concerne l\u2019individu, comme le groupe - et une similitude qui fait que l\u2019on peut parler aujourd\u2019hui d\u2019une seule humanit\u00e9. Cette similitude nous permet de faire bien des choses en commun et de communiquer.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma de la diff\u00e9rence, pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, aboutit aux guerres dites ethniques qui traversent aujourd\u2019hui encore le monde. Et ce pour finalement partager les m\u00eames signes ext\u00e9rieurs de la culture mondiale qui, elle, avance sans autre soucis. La revendication ethnique devient en elle m\u00eame un archa\u00efsme, et n\u2019a d\u2019autre r\u00e9alit\u00e9 que de prendre au pi\u00e8ge la logique du discours culturaliste actuel.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le mouvement m\u00eame des diff\u00e9rentes civilisations va vers des \u00e9changes et des apports souvent peu ou mal identifi\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce sens que l\u2019on pourra parler d\u2019un monde certes unique et qui va malgr\u00e9 tout aujourd\u2019hui dans le m\u00eame sens, mais diversifi\u00e9 et pluriel : un monde collage dans une pens\u00e9e collage qui n\u2019a plus grand chose \u00e0 voir avec les sch\u00e9mas universalistes ou universalisants qui ont guid\u00e9 la pens\u00e9e du XIX\u00b0 et de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00b0 si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La boucle est boucl\u00e9e : montrer aujourd\u2019hui des civilisations constitue \u00e0 en montrer l\u2019essence du mouvement. Sans chercher \u00e0 arr\u00eater le temps sinon par les ponctuations de l\u2019analyse et de l\u2019objet pr\u00e9sent\u00e9 qui eux marquent des moments.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Un mus\u00e9e des formes et non pas un mus\u00e9e des disciplines pour comprendre ces formes<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ce qui renvoie \u00e0 la probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale des mus\u00e9es qui veulent s\u2019inscrire dans ce mouvement, tels les mus\u00e9es de civilisation. Et qui sont tous confront\u00e9s au temps de l\u2019analyse qui transforme toute monstration, non pas en acteur du temps r\u00e9el de la soci\u00e9t\u00e9, mais en observateur d\u2019un temps qu\u2019il faut arr\u00eater pour ne serait-ce avoir les moyens de l\u2019observer. Et cette observation aujourd\u2019hui plus que jamais d\u00e9ni\u00e9e \u00e0 l\u2019intuition et \u00e0 la philosophie, se veut scientifique puisqu\u2019il semblerait que seules les sciences sont rigoureuses : ces sciences avec chacune son approche et sa m\u00e9thode, que sont l\u2019histoire, la sociologie, l\u2019ethnologie, la g\u00e9ographie, l\u2019arch\u00e9ologie et depuis quelques d\u00e9cennies la psychologie m\u00e2tin\u00e9e de tout le reste, ne peuvent qu\u2019aboutir \u00e0 des mus\u00e9es hors du mouvement du temps. Et probablement finalement hors la soci\u00e9t\u00e9, car ces sciences ont \u00e0 se satisfaire elles m\u00eames et pour rester sciences r\u00e9pondre \u00e0 leur propre logique. Pour oublier le propos du mus\u00e9e d\u2019aujourd\u2019hui qui est autant un lieu de conservation, qu\u2019un lieu d\u2019exposition, de rapport au public.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Il ne peut pas s\u2019agir de concevoir un mus\u00e9e historique, arch\u00e9ologique, ethnologique ou autre, mais bien un mus\u00e9e des formes, des expressions des civilisations de notre plan\u00e8te. Ce que le public a \u00e0 voir, ce n\u2019est pas de l\u2019ethnologie, de l\u2019histoire de l\u2019art ou de l\u2019arch\u00e9ologie, mais bien l\u2019objet m\u00eame des \u00e9tudes :\u00a0 les expressions de ces civilisations. M\u00eame si les instruments pour comprendre, analyser, choisir sont arch\u00e9ologiques, ethnologiques et historiques.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>La part du politique<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ceci n\u2019est pas dit pour attaquer les sciences de l\u2019homme en tant que telles, mais pour affirmer la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e plurielle pour concevoir le mus\u00e9e. De la m\u00eame fa\u00e7on, on voit ensuite dans le dispositif le r\u00f4le du sc\u00e9no-mus\u00e9ographe, qui par l\u2019autonomie qu\u2019on lui confie, puisqu\u2019il devient ma\u00eetre et d\u00e9sormais \u201ccr\u00e9ateur\u201d de la forme mus\u00e9ale, se transforme en unique m\u00e9diateur avec le public. Ce dont il n\u2019est pas capable, ni intellectuellement, ni formellement.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Il serait temps de r\u00e9fl\u00e9chir diff\u00e9remment sur la m\u00e9thode de conception et de production d\u2019un mus\u00e9e. Quand un producteur d\u00e9cide de produire un film, m\u00eame si les auteurs sont mis en t\u00eate d\u2019affiche ou non selon leur notori\u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9clatement des comp\u00e9tences font qu\u2019il reste le ma\u00eetre de son projet (sauf dans les cas de cin\u00e9ma d\u2019auteur qui concernent quelques r\u00e9alisateurs au monde). Dans le cas d\u2019un mus\u00e9e, le producteur est d\u00e9j\u00e0 un couple - le politique et l\u2019administration publique -. Le politique d\u00e9cide et son producteur ex\u00e9cutif est l\u2019administration. Mais le politique dispara\u00eet par la suite pour intervenir \u00e0 une ou deux \u00e9tapes qui sont le choix de l\u2019architecte et moins du mus\u00e9ographe et parfois auparavant en prof\u00e9rant quelques d\u00e9sirs vaguement formul\u00e9s. Le politique oublie que la phase de conception est r\u00e9ellement au niveau de la pens\u00e9e du mus\u00e9e et qu\u2019elle ne peut \u00eatre uniquement celle de techniciens. Un mus\u00e9e est toujours une morale dont la forme - du contenu \u00e0 l\u2019architecture - doit lui \u00eatre assujettie. Ni les artistes, ni les techniciens, ni les scientifiques ne peuvent chacun en avoir seuls le pouvoir. Surtout quand il s\u2019agit d\u2019un mus\u00e9e des civilisations o\u00f9 le pouvoir ethno-sociologique pourrait naturellement avoir le dessus, puisqu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de son champ, de son \u201cterritoire\u201d naturel.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>le mus\u00e9e d\u00e9bat de son temps<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ce mus\u00e9e peut \u00eatre un moment de d\u00e9bat important sur la nature de la relation \u00e0 l\u2019autre que le troisi\u00e8me mill\u00e9naire instaure. Cela peut en \u00eatre sa modernit\u00e9, sa \u201ccontemporainit\u00e9\u201d. Aussi il ne peut pas s\u2019agir simplement que d\u2019un mus\u00e9e patrimonial h\u00e9bergeant des chefs d\u2019oeuvres artistiques contextualis\u00e9s pour essayer de marier deux approches - l\u2019histoire de l\u2019art et l\u2019ethno-sociologie -, li\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire de deux structures marqu\u00e9es par l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Une pens\u00e9e moderne doit pouvoir faire face et int\u00e9grer diff\u00e9rents regards sans chercher \u00e0 les faire entrer dans un discours unique. Ce qui ne signifie pas pour autant incoh\u00e9rence ou pagaille, mais bien le reflet d\u2019une multiplicit\u00e9 articul\u00e9e sur le doute.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ce doute ne doit pas \u00eatre paralysant. Bien au contraire, il permet justement les affirmations, dans la mesure o\u00f9 elles ne sont pas r\u00e9gnantes et univoques, dans la mesure o\u00f9 elles se juxtaposent.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>On peut savoir de fa\u00e7on pr\u00e9cise le contenu symbolique d\u2019un objet, il peut s\u2019agir de l\u2019affirmer mais comme une interpr\u00e9tation, \u00e0 laquelle peut lui \u00eatre associ\u00e9e une autre interpr\u00e9tation et peut-\u00eatre aussi l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un autre objet, ou un \u00e9l\u00e9ment musical, ou une qualit\u00e9 d\u2019espace qui le feront percevoir diff\u00e9remment. C\u2019est en cela qu\u2019une cohabitation des diff\u00e9rentes disciplines scientifiques, associ\u00e9es aux autres formes d\u2019interpr\u00e9tation du r\u00e9el, offrirait au visiteur la libert\u00e9 du regard et interdirait toute r\u00e9duction d\u2019interpr\u00e9tation comme on le voit souvent dans les mus\u00e9es d\u2019art rituel. Quand le visiteur verra des objets magiques, il doit pouvoir mesurer la spiritualit\u00e9 qui y pr\u00e9lude. Quand tel objet dit fonctionnel est pr\u00e9sent\u00e9, il doit pouvoir aussi renvoyer aux valeurs spirituelles et sociales qui en sont \u00e0 l\u2019origine sans pour autant en ignorer la dimension socio-\u00e9conomique. Associer une vision, telle celle de Malraux, sur l\u2019universalit\u00e9 de pr\u00e9hension des formes et de leurs valeurs, \u00e0 une vision plus mat\u00e9rielle des fonctionnalit\u00e9s connues de ces m\u00eames formes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le monde des formes (mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles) renvoie \u00e0 des sens multiples qui int\u00e8grent tant la compr\u00e9hension (la signification) que les sens sensibles (les sensations). C\u2019est le pari d\u2019un mus\u00e9e sur les formes des civilisations.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Le mus\u00e9e a-t-il d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 un instrument de connaissance de l\u2019autre ?<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Toutes les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui sont devenues cosmopolites et urbaines qu\u2019elles soient europ\u00e9ennes, africaines, asiatiques ou am\u00e9ricaines. Et non seulement cosmopolites par les influences mais aussi par la r\u00e9alit\u00e9 du croisement des peuples sur un m\u00eame territoire.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les outils pour appr\u00e9hender l\u2019autre que sont les mus\u00e9es, ces lieux qui abordent le patrimoine pour l\u2019essentiel mat\u00e9riel, ne peuvent pr\u00e9tendre \u00eatre les lieux uniques de la rencontre. Les t\u00e9l\u00e9visions, les radios et les journaux. mais aussi la parole de celui qui voyage, les objets import\u00e9s, sont les principaux lieux de connaissance, d\u2019appr\u00e9hension de rencontre des cultures, pour ne pas \u00e9voquer l\u2019\u00e9vidence de la rencontre physique de l\u2019autre, qui elle est devenue quotidienne. Si l\u2019Europe d\u00e9couvre avec horreur qu\u2019elle est devenue multiraciale et multiculturelle, l\u2019Afrique l\u2019a d\u00e9couvert bien avant avec l\u2019intrusion muscl\u00e9e de la colonisation, et le d\u00e9couvre aujourd\u2019hui dans une autre r\u00e9alit\u00e9, un autre rapport \u00e0 l\u2019autre qu\u2019elle b\u00e2tit jour apr\u00e8s jour.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Mais ne trichons pas sur les capacit\u00e9s occidentales \u00e0 comprendre l\u2019autre : si culturellement le monde \u00e9tait dans nos capitales occidentales depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, voire plusieurs si\u00e8cles pour certaines cultures, \u00e0 travers le patrimoine des collections priv\u00e9es et des mus\u00e9es, il est amusant de voir que notre pseudo connaissance par les mus\u00e9es du patrimoine des autres, ne nous a pas pr\u00e9par\u00e9 un seul instant \u00e0 comprendre l\u2019autre, \u00e0 partager notre quotidien avec ces autres venus chez nous. Ces autres qui ne sont plus autres chez nous, mais simplement nous chez nous. Et \u00e0 qui nous offrons, \u00e0 travers le mus\u00e9e une repr\u00e9sentation de leurs propres civilisations d\u2019origine vues \u00e0 travers le regard d\u2019une ou deux disciplines et une morale li\u00e9e \u00e0 la mauvaise conscience de l\u2019ancien empire et \u00e0 la bonne conscience du metteur en sc\u00e8ne de l\u2019autre et du r\u00f4le de la France dans le Monde, pourfendrice de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine, mais nostalgique de sa propre h\u00e9g\u00e9monie.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>M\u00eame si la forme de la boutade est prise pour dire cela, l\u2019importance du propos ne peut \u00eatre \u00e9cart\u00e9e l\u00e9g\u00e8rement. Admirer les objets d\u2019une civilisation \u00e9trang\u00e8re m\u00eame avec des \u00e9l\u00e9ments contextuels, n\u2019est pas une fa\u00e7on de conna\u00eetre l\u2019autre, celui qui l\u2019a produit.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Et les magazines TV de type \u201cfaut pas r\u00eaver\u201d et journaux de type G\u00e9o, malgr\u00e9 leur forme vivante et spectaculaire, n\u2019y changent rien. Nous oublions chaque fois de rappeler le point d\u2019o\u00f9 l\u2019on regarde, sa relativit\u00e9 et sa r\u00e9duction obligatoire d\u2019une r\u00e9alit\u00e9. Et aucune science humaine ne peut y palier, car elle est elle m\u00eame le produit de notre civilisation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le visiteur qui entre dans un mus\u00e9e de l\u2019autre, doit pouvoir \u00eatre questionn\u00e9 sur lui m\u00eame, dans sa relation \u00e0 l\u2019autre. Ce qu\u2019offre une connaissance plus ou moins partielle des autres soci\u00e9t\u00e9s et civilisations \u00e0 travers le temps et l\u2019espace, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une seule fa\u00e7on de voir le monde et de le vivre. Et que la diversit\u00e9 des fa\u00e7ons de vivre le monde renvoie \u00e0 sa propre libert\u00e9 (groupe et individu) \u00e0 d\u00e9finir son destin. C\u2019est le grand ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau qui traverse le monde m\u00eame si de chaque point de la Terre, chacun voit d\u00e9sormais la terre comme un entit\u00e9, mais finalement chacun de son point de vue. Penser le monde dans sa diversit\u00e9, c\u2019est lui associer la diversit\u00e9 des regards.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>'Little World'<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Disney a une attraction tr\u00e8s populaire dans ses parcs d\u2019attractions, \u201cLittle World\u201d o\u00f9 des poup\u00e9es automates de toutes les races du monde chantent une m\u00eame chanson. Une fa\u00e7on primaire de montrer la diversit\u00e9 raciale et culturelle du monde car les poup\u00e9es extr\u00eame orientales sont habill\u00e9es de kimonos brod\u00e9s, les africaines sont dans la jungle avec des jupes de paille, et les europ\u00e9ennes avec des robes (de plus dans des voitures). L\u2019esth\u00e9tique commune de base de chaque poup\u00e9e et la chanson commune font de notre monde un monde commun. Il est \u00e9vident que si l\u2019on se place du c\u00f4t\u00e9 asiatique ou africain, l\u2019image ne serait pas la m\u00eame. Little world touche \u00e0 l\u2019imaginaire collectif occidental et \u00e0 sa vision du monde. C\u2019est un propos am\u00e9ricanisant de son propre cosmopolitisme qui fait int\u00e9grer au visiteur - parent et enfant - pour le minimum que le monde est composite, et que chacun y a sa place. La morale, le propos guident l\u2019attraction, m\u00eame si l\u2019enfant vivant en Europe est plong\u00e9 dans une caricature d\u2019imagerie.\u00a0 Et l\u2019on aimerait bien voir changer cette vision r\u00e9gressive d\u2019une diversit\u00e9 mondiale.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, Little World est la repr\u00e9sentation du monde la plus commun\u00e9ment admise par nos soci\u00e9t\u00e9s et fait ce que finalement aucun mus\u00e9e n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 faire : Little World pose la question de la morale, en y donnant sa r\u00e9ponse. Un mus\u00e9e ne peut pas s\u2019abstraire de cette question, en s\u2019interdisant certes d\u2019y r\u00e9pondre, mais doit s\u2019interroger sur ce qu\u2019il v\u00e9hicule dans son rapport au public et faire partager au public ce questionnement. Ce qu\u2019il ne fait pas.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Qu\u2019apporte de plus un mus\u00e9e parlant des arts rituels des diff\u00e9rentes civilisations du monde si le sch\u00e9ma de la diff\u00e9rence reste le m\u00eame ?<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Les acquisitions,\u00a0Les collections<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La France a les collections qu\u2019elle a, la plupart du temps li\u00e9es \u00e0 son empire colonial d\u00e9chu. L\u2019histoire de chaque pays \u00e0 travers les objets qui y sont rassembl\u00e9s comme autant tribus de guerre, existe dans \u201cpresque\u201d toutes les civilisations et pays du monde et il s\u2019agit bien l\u00e0 d\u2019acquis, quelles qu\u2019en soient les origines. Les probl\u00e9matiques de restitution sont illusoires, et ce n\u2019est en aucun l\u00e0 que se situe le propos.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Par contre, que le futur Mus\u00e9e des Arts et des Civilisations, veuille combler les \u201ctrous \u201c de ses collections, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019amoralit\u00e9 ou plus simplement d\u2019anachronisme de l\u2019histoire. M\u00eame si nous avons effectivement les moyens financiers de le faire.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un mus\u00e9e \u00e0 l\u2019heure du monde ne peut plus se penser comme l\u2019inventaire du monde, ou d\u2019une section du monde. Il ne peut que participer \u00e0 la m\u00e9moire du monde, au m\u00eame titre que d\u2019autres mus\u00e9es. Concevoir un mus\u00e9e comme un univers ferm\u00e9 et complet renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e de pens\u00e9e universelle difficilement conciliable avec une pens\u00e9e moderne non globalisante.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Les mus\u00e9es africains sont nus<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Par ailleurs, quand on sait la difficult\u00e9 des mus\u00e9es africains \u00e0 ne serait-ce fonctionner avec des sommes d\u00e9risoires (de l\u2019ordre de quelques dizaines de milliers de francs) et \u00e0 ne pas pouvoir acqu\u00e9rir sur le march\u00e9 international des pi\u00e8ces qui manquent cruellement aux patrimoines nationaux des nouveaux \u00e9tats, on est en droit de se poser la question de la valeur d\u2019une politique d\u2019acquisition d\u2019un mus\u00e9e occidental et plus particuli\u00e8rement fran\u00e7ais - voulu de plus politiquement : donc avec cette valeur symbolique - portant sur le patrimoine des autres.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Avec ou non de nouvelles acquisitions, le Mus\u00e9e du Quai Branly sera de toutes fa\u00e7ons un des grands mus\u00e9es du monde des arts rituels.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Les actes et les discours : un peu de morale<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La France n\u2019est pas le r\u00e9sum\u00e9 du monde, elle participe par son propre patrimoine et celui, ext\u00e9rieur, qu\u2019elle a rassembl\u00e9 au fil des si\u00e8cles, \u00e0 le repr\u00e9senter. Mais elle doit cesser de croire que tout doit passer par son filtre pour comprendre le monde et en d\u00e9finir son futur. Le rapport \u00e0 la Francophonie est du m\u00eame ordre. La France, son patrimoine et sa langue n\u2019existent dans le concert mondial que dans le respect des autres et dans son exemple d\u2019alternative aux h\u00e9g\u00e9monies culturelles et politiques (pas \u00e9conomiques puisqu\u2019elle y participe pleinement). Mais on peut dire qu\u2019\u00e0 leur fa\u00e7on, l\u2019Inde, l\u2019Iran, la Chine, sont aussi dans ce jeu d\u2019alternative \u00e0 des h\u00e9g\u00e9monies, quoi qu\u2019on en pense, quoiqu\u2019on en dise.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Aussi politiquement, plus on aidera les autres soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 exister culturellement, politiquement, \u00e9conomiquement dans le monde, plus la France jouera un r\u00f4le probablement moins li\u00e9 \u00e0 son orgueil d\u2019ancienne puissance h\u00e9g\u00e9monique et plus li\u00e9 \u00e0 un humanisme permettant \u00e0 chacun d\u2019exister dans le monde, avec ses propres mod\u00e8les et ses propres valeurs.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Argumenter contre les acquisitions \u201cs\u00e8ches\u201d avec des raisons aussi politiques peut para\u00eetre na\u00eff ou infantile. Mais nous sommes bien l\u00e0 dans le symbolique et pas ailleurs.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>La nouvelle 'grandeur' de la France<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ce qui pourrait para\u00eetre 'grand' pour la France, c\u2019est que sa politique d\u2019acquisition aupr\u00e8s des marchands et lors des ventes sur le march\u00e9 international, pourrait profiter \u00e0 une r\u00e9elle politique de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement des mus\u00e9es africains (pour ne citer que cette partie continentale du projet) en offrant les achats aux diff\u00e9rents mus\u00e9es mais en \u00e9change avoir le droit de les exposer \u00e0 Paris un temps ou selon des fr\u00e9quences \u00e0 d\u00e9finir. S\u2019inscrire dans une politique d\u2019\u00e9change et de coop\u00e9ration avec les mus\u00e9es africains comme l\u2019a esquiss\u00e9e par ailleurs Etienne F\u00e9au. Et oublier une attitude de grande puissance d\u2019argent, capable d\u2019acheter le sang du monde: sa culture. Il s\u2019agit ici de d\u00e9cence et du r\u00f4le moral que la France pr\u00e9tend mener.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>L\u2019art contemporain,\u00a0L\u2019art contemporain au Louvre ?<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de l\u2019art contemporain dans un mus\u00e9e Beaux Arts, voire arts populaires, qui \u00e9tale les si\u00e8cles et les civilisations, avec un peu de tout sur tout, fait un peu \u201cmus\u00e9e municipal provincial\u201d. L\u2019aspect p\u00e9joratif de cette affirmation ne doit \u00eatre compris n\u00e9gativement, mais simplement pour mettre en \u00e9vidence le d\u00e9calage de propos entre un mus\u00e9e sp\u00e9cialis\u00e9 de dimension internationale et un mus\u00e9e local qui doit dispenser un peu de chaque chose de l\u2019univers \u00e0 sa population.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>On voit mal le Louvre ou n\u2019importe quel mus\u00e9e du monde de m\u00eame nature et de m\u00eame stature avoir une section d\u2019art contemporain. M\u00eame Beaubourg d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019art moderne a du mal \u00e0 \u00eatre r\u00e9ellement un mus\u00e9e d\u2019art contemporain dynamique. On ne parlera pas plus loin de la double notion d\u2019art et de civilisation du Mus\u00e9e Branly qui rendra encore plus d\u00e9licate l\u2019introduction de \u201cl\u2019art contemporain\u201d en tant que tel.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Par ailleurs, la connaissance de l\u2019art moderne en Afrique (du d\u00e9but du si\u00e8cle \u00e0 nos jours) est r\u00e9ellement faible pour ne pas dire plus. Il est dans les projets de plusieurs institutions, y compris Revue Noire, de r\u00e9aliser les premi\u00e8res synth\u00e8ses, mais pour \u00eatre fiables et relativement compl\u00e8tes, il faudra une d\u00e9cennie de recherche pour pr\u00e9tendre \u00e0 une r\u00e9elle ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Une connaissance partielle<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne l\u2019art contemporain, peu de monde a aujourd\u2019hui une vision globale. M\u00eame si l\u2019exposition des Magiciens de la Terre de Jean Hubert Martin et le travail que celui-ci continue de r\u00e9aliser au MAAO, puis les exp\u00e9riences de la collection Pigozzi dirig\u00e9e par Andr\u00e9 Magnin, et de Revue Noire peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 une connaissance globale, il n\u2019en reste pas moins que celle-ci est aussi r\u00e9cente, partielle et fondamentalement humble. L\u2019engouement est pourtant r\u00e9el partout dans le monde avec en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats Unis et dans quelques autres pays du monde, des recherches r\u00e9alis\u00e9es pour des manifestations ponctuelles, qui contribuent \u00e0 une meilleure connaissance. Mais un continent ne peut \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 la connaissance approfondie d\u2019une centaine d\u2019artistes (m\u00eame si Revue Noire en a publi\u00e9 plus de 2000). Et l\u00e0 n\u2019est point \u00e9voqu\u00e9e la valeur du talent de cette centaine d\u2019artistes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Introduire l\u2019art contemporain dans un tel mus\u00e9e r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019art rituel, ne pourrait se faire qu\u2019au gr\u00e9 d\u2019expositions temporaires, mais \u00e0 nouveau, en est-ce r\u00e9ellement la place ?<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>On pr\u00e9f\u00e9rerait des espaces ou un espace ind\u00e9pendant d\u00e9volu aux expressions contemporaines, dans une vision ouverte permettant une multiplicit\u00e9 d\u2019expressions (tant artistiques que critiques), et avec des risques et des libert\u00e9s que ne pourra jamais offrir le futur mus\u00e9e : l\u2019objectif de ce dernier est de valoriser avec une rigueur scientifique des patrimoines en \u00e9vitant les pi\u00e8ces aux origines fantaisistes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>L\u2019art rituel rural, l\u2019art contemporain urbain<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation contemporaine est essentiellement urbaine et demain encore plus qu\u2019aujourd\u2019hui. Comment pourra-t-on faire cohabiter un art rituel, la plupart du temps li\u00e9 au monde rural ou \u00e0 un monde urbain nourri de ruralit\u00e9, avec la dimension urbaine contemporaine quasi-plan\u00e9taire de l\u2019Afrique - pour ne citer que ce continent- . On ne peut faire cohabiter le tout et son contraire.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Le contemporain dans le mouvement des formes des civilisations<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Par contre la dimension contemporaine pourrait ou devrait \u00eatre introduite dans le propos premier du mus\u00e9e. Donner les traces aux visiteurs du mouvement des diff\u00e9rentes civilisations et de leurs enracinements dans le pr\u00e9sent est certainement la meilleure fa\u00e7on de ne pas \u201cgeler\u201d une vision des civilisations pr\u00e9sent\u00e9es, pour conclure un propos tenu auparavant.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>En ce sens, on pourrait\u00a0 montrer dans les salles temporaires les expressions contemporaines des civilisations trait\u00e9es dans les salles permanentes. Ce qui peut, bien sur, int\u00e9grer les productions artistiques. Ecouter un chant traditionnel mandingue et l\u2019entendre transpos\u00e9 par Salif Keita au son de quelques instruments \u00e9lectroniques est important. On retrouvera les m\u00eames mouvements dans les arts appliqu\u00e9s (dont la mode et le design), dans certaines productions artistiques, et aussi au niveau des comportements sociaux.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Si je suis peu favorable, sinon hostile, \u00e0 la pr\u00e9sence de l\u2019art contemporain en tant qu\u2019espace d\u2019art contemporain au Mus\u00e9e du Quai Branly, autant je suis favorable \u00e0 l\u2019indispensable pr\u00e9sence des expressions contemporaines dans le cadre strict des civilisations concern\u00e9es par le Mus\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ainsi se termine ma contribution, certes un peu brutalement, \u00e0 moins qu\u2019il y ait une autre fin que j\u2019aurai mis dans un dossier oubli\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>C\u2019est aussi le d\u00e9but de rencontres peu nombreuses mais chaleureuses et riches avec Germain Viatte et St\u00e9phane Martin. Ce dernier nous confiera l\u2019enti\u00e8re conception d\u2019une nouvelle biennale des images du monde Photoquai et la direction artistique de la premi\u00e8re \u00e9dition en novembre 2007.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>par Jean Loup Pivin, f\u00e9vrier 1999,\u00a0writing during the reflexions\u00a0about the new Museum of Civilisations.<\/p>\n<p>see also in the book <a href=\"http:\/\/www.revuenoire.com\/en\/edition\/antho-african-art-xxth\/\">'Anthology of African Art, the XXth Century'<\/a> , the Jean Lou Pivin and \u00c9tienne F\u00e9au writings '<a href=\"http:\/\/www.revuenoire.com\/en\/edition\/antho-african-art-xxth\/\">Territory of Forms'<\/a>\u00a0(texts translated in English)<\/p>\n<p>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Genesis of the Quai Branly Museum, by Jean Loup Pivin, founding writing of Revue Noire ethic and spirit.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10534,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[66],"tags":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10539"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10539"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10539\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10534"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10539"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10539"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuenoire.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10539"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}